Intervention de l’Union Départementale CGT de Loir & Cher à la manifestation du 19 octobre 2017 à Blois.

Depuis leurs élections, Macron et son gouvernement, au service exclusif du patronat et de la finance ont mis en route le rouleau compresseur de la destruction sociale en s’attaquant à nos code du travail et conventions collectives, aux statuts et aux missions de la fonction publique, tout en voulant détruire simultanément l’ensemble des protections des salariés, que ce soit la sécurité sociale, les retraites, le droit à la formation et l’indemnisation du chômage.

Alors que depuis la rentrée, de nombreux salariés, actifs, retraités, privés d’emploi, de jeunes se sont mobilisés pour exiger d’autres choix, Macron, dans son intervention télévisée de dimanche soir, a réaffirmé son mépris envers eux, en expliquant que s’il regrettait un peu les termes employés, il pensait profondément ce qu’il a dit sur « les cyniques », « les fainéants », « les extrémistes », ceux qui « feraient mieux de travailler plutôt que de foutre le bordel ».

Il a également réaffirmé sa vision d’une société fondée sur les élites, ceux qui réussissent, les premiers de cordée, avec la volonté de détruire tout ce qui entraverait cette réussite, ce qui génère la sacro-sainte liberté d’entreprendre si chère au MEDEF.

Sous couvert de modernité, de la nécessaire adaptation au marché que ce soit les contrats de missions des ordonnances, le licenciement comme simple formalité administrative ou encore le plafonnement des condamnations à la délinquance patronale, c’est un retour en arrière de plus d’un siècle que nous promettent Macron/Gattaz, uniquement pour augmenter et restaurer les marges des patrons, des actionnaires, au travers de la destruction des garanties collectives des salariés, incluant leur protection sociale.

Rappelons-nous : jusqu’au 19ème siècle, les travailleurs, majoritairement ruraux, louaient leurs bras à la journée. Ces tacherons assumaient en lieu et place de ceux qui les employaient, les aléas et risques de l’activité de travail qui dépendait de l’époque de la moisson, de leur propre état de santé, etc.

Quand ils étaient malades, blessés, vieux, quand la saison était mauvaise : pas de travail, ni de rémunération.

Les salariés ont fini par s’organiser, ont constitué des syndicats et se sont donnés les moyens d’améliorer leur sort, par les luttes, parfois sanglantes, pour gagner au fil de l’histoire les conquêtes sociales qui ont permis de faire progresser notre société, élever les conditions de vie et de travail des salariés, gagner l’allongement de l’espérance de vie, etc.

Aujourd’hui encore, seule la mobilisation massive du monde du travail empêchera Macron et un patronat revanchard de nous faire replonger dans cette société rétrograde pour la seule soif du pouvoir et de la voracité des profits d’une minorité de patrons, d’actionnaires et de requins de la finance.

Seules les luttes revendicatives sur chaque lieu de travail et de vie, leur mise en convergence permettra d’empêcher Macron de transformer notre société pour la faire basculer sur le modèle anglo-saxon, dans un capitalisme débridé, au détriment de tout ce qui est social et solidaire.

Seule l’entrée en résistance, le développement des luttes des salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, de la jeunesse permettra de récupérer les richesses qu’ils sont seuls à créer par leur travail pour obtenir de nouvelles conquêtes sociales.

A l’inverse de la pensée unique dans laquelle veulent nous enfermer les tenants de la logique économique dominante, plus que jamais, il est possible de renforcer les droits et garanties des salariés.

En effet, le pays n’a jamais produit autant de richesses avec un PIB de plus de 2200 milliards d’euros en 2016, soit une progression de 4% en 2 ans. Les dividendes et rachats d’actions reversés aux actionnaires ont atteint près de 56 milliards d’euros en 2016, soit 11% de plus qu’en 2015. Rien que pour le 2ème trimestre 2017, ces dividendes s’élèvent à 35 milliards d’euros. Et dans le même temps, l’Etat et les collectivités accordent quelques 200 milliards d’euros d’aides, d’exonérations sociales et fiscales aux entreprises, financées par nos impôts, qui ne servent qu’à augmenter les profits de quelques-uns.

Par la mobilisation, unie, solidaire et déterminée des salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, de la jeunesse, nous pouvons gagner l’augmentation des salaires, retraites et pensions.

Par la lutte, nous pouvons gagner le développement de l’emploi stable et qualifié, à temps plein, notamment par la réindustrialisation du département par la relocalisation des productions, l’investissement dans la recherche et l’investissement, ainsi que par le renforcement de services publics de proximité.

Par la lutte, nous pouvons gagner l’amélioration des conditions de travail, la réduction de temps de travail à 32 heures, la 6ème semaine de congés payés.

Par la lutte, nous pouvons reconquérir une protection sociale solidaire qui réponde à l’ensemble des besoins de la population, financée par les richesses créées par le travail à travers les cotisations sociales, pour une couverture des risques à 100%.

Par la lutte, nous pouvons obtenir l’abrogation des ordonnances Macron, des lois El Khomri, Macron, Rebsamen, Santé, NOTRe et de toutes les lois régressives.

Face à l’attaque globale de Macron contre toutes nos conquêtes sociales, il est indispensable de continuer à travailler à la construction d’une riposte globale des salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, de la jeunesse.

Il est indispensable de continuer à travailler à informer les salariés pour les convaincre de s’engager dans la vie syndicale, renforcer ou créer leur syndicat Cgt et agir collectivement pour mettre le rapport de force au niveau nécessaire pour gagner.

Les organisations syndicales se rencontrent à nouveau le 24 octobre, dans l’objectif d’appeler à une nouvelle journée unitaire d’action interprofessionnelle.

Sans attendre, nous vous invitons à poursuivre le débat avec vos collègues, vos amis, votre famille pour élargir, amplifier la mobilisation qui seule permettra de stopper Macron et d’imposer d’autres choix.

Pour ne pas vivre dans une société faite de soumission, de précarité et de misère généralisée, nous n’avons pas d’autre choix que de consacrer tous nos efforts dans la durée, avec ténacité et détermination, au développement des luttes revendicatives, massives du monde du travail, dans l’unité la plus large.

Alors, à bientôt encore plus nombreux dans la lutte et dans la rue, jusqu’à la victoire.

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