2018 : faire de nos rêves des réalités !

A l’heure où les médias s’emparent  de la date anniversaire des évènements de mai 1968, qui ont conduit à une nouvelle vague de progrès social après celle de 1945, pour traiter le sujet sous le jour des grèves étudiantes parisiennes, il faut tenter de rappeler comment ces évènements ont été préparés et vécus en en Loir-et-Cher.

Au cours des années qui précèdent 1968, la domination capitaliste s’accentue en France et le pouvoir d’Etat s’affirme au service des classes possédantes.  Pour faire face à cette situation, la CGT travaille à construire un front syndical commun.

Le journal de la CGT, UNITE, conclut en juin 1966 : « Face à un patronat uni, une seule classe ouvrière unie et dans l’action ». Début 1966, elle a signé un accord d’unité d’action avec la CFDT.

Dans ce contexte social et politique difficile, 1966 et 1967 vont voir pourtant les idées progressistes de lutte de classe et d’unité d’action s’accentuer.

Cela se traduit dans la CGT par une augmentation significative du nombre d’adhérents et de créations de sections syndicales dans le département. Les luttes revendicatives depuis le début de l’année 1967 et la bonne participation aux défilés du 1er mai marquent un regain de combativité de la classe ouvrière.

L’Union Départementale se préoccupe de la jeunesse. La fête de la jeunesse qu’elle a organisée en juin 1967 à La Chaussée-Saint-Victor a été une réussite. En 1968, elle s’apprête, avec toute la Centrale CGT, à faire du mois de mai « un mois de la jeunesse ».

Début mai, les étudiants se sont engagés,  de leur côté, dans des actions importantes. Dans la nuit du 10 au 11 mai, de graves accrochages ont lieu dans le quartier latin à Paris. La répression policière est d’une extrême brutalité que les provocations gauchistes ne peuvent excuser.

En Loir-et-Cher, point d’étudiants. Mais il fallait organiser la riposte de la classe ouvrière. Le 13 mai un appel départemental, suivi d’un appel national à la grève générale et à des manifestations dans les principales localités, est lancé.

Dans la manifestation à Blois, le secrétaire général de l’Union Départementale des Syndicats  CGT  de Loir-et-Cher, Paul GILET, prend la parole : « nous sommes réunis pour protester contre la répression des étudiants, réunis pour la défense des libertés et de la démocratie. Nous souhaitons vivement que cette unité d’action de tous continue, s’amplifie encore, et permette de poursuivre la bataille sur des objectifs clairs et précis, élaborés en commun. Il est nécessaire, plus que jamais de rassembler les forces syndicales et démocratiques… ».

Cette journée du 13 mai fait prendre conscience de sa force à l’ensemble de la classe ouvrière du département. Son esprit de lutte en sort renforcé.  Et les jours et semaines qui suivent permettent l’amplification de la mobilisation et l’ancrage des luttes dans les entreprises et sur les lieux de travail.

En Loir-et-Cher, le mouvement de grève générale s’est constitué à l’image de ce qui s’est passé dans tout le pays. 20 000 grévistes pendant des semaines, dans la quasi-totalité des usines occupées par les travailleurs : EDF-GDF, la Sécurité Sociale, les Travailleurs de l’Etat, Disco à Blois, Matra-Salbris, Lachartre, Magniez à Vendôme, le livre à Blois, le centre hospitalier, la Centrale de Saint Laurent, Air Equipement, Roto-Diesel, etc.

Avec des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Blois, Romorantin et Vendôme, les grèves et manifestations se poursuivent, bien après le constat de GRENELLE le 27 mai 1968.

Ces mobilisations historiques ont marqué profondément le mouvement ouvrier qui a fait preuve de sa haute conscience de classe et de sa capacité à mener à bien son combat pour obtenir satisfaction sur ses revendications. Au-delà des avancées sociales majeures issues de la grève générale, des milliers de salariés ont gagné sur leurs revendications dans leurs entreprises.

Si l’on ne peut reproduire ce qui s’est passé en 1968, on doit toutefois s’inspirer largement de la façon dont les travailleurs et la jeunesse ont construit la mobilisation, dans un contexte actuel qui laisse entrevoir de belles perspectives si l’on mesure la montée des luttes dans un grand nombre de professions et partout en France. En Loir-et-Cher, le mois de mars revendicatif que nous venons de vivre doit nous engager à passer à l’offensive pour  faire valoir les revendications des salariés dans toutes les entreprises pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, en élargissant le mouvement social.

 

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