Défendre l’intérêt général, notre intérêt de classe

Le 1er février 2018, Darmanin, Ministre de l’action et des comptes publics, a rendu public son plan de modernisation de la fonction publique à l’horizon 2022.

Un projet qui vise à précariser les agent·es et à les rendre plus malléables au profit de l’économie marchande mise au centre de la société.

Le plan Darmanin a également pour projet de « favoriser les allers-retours entre secteur public et secteur privé » pour les hauts fonctionnaires, ce qui ne peut qu’accroître les risques relatifs aux conflits d’intérêt.

Cette restructuration s’accompagne en outre d’un vaste plan de départ de 120 000 fonctionnaires à l’heure où on manque cruellement de moyens à l’école, dans les hôpitaux ou encore dans les EHPAD où les conditions d’accueil sont indignes.

Au ministère du travail, moins d’agent·es c’est un service encore plus dégradé rendu aux usager·ères déjà fragilisés par l’élargissement du pouvoir des employeur·es et par la destruction sans précédent du droit du travail.

Le cap est clair : contraindre les fonctionnaires à répondre aux besoins des patron·nes et plus à ceux des salarié·es en intéressant « les managers publics » aux résultats des réformes qu’il leur incombe de mettre en œuvre et en détruisant le statut général de la fonction publique.

Contre la casse des services publics et de l’intérêt général, la mobilisation du 22 mars dans la Fonction publique a été particulièrement forte, que ce soit dans la grève ou les manifestations. Elle se situe de manière incontestable au-dessus du 10 octobre 2017, qui était d’un niveau pourtant déjà très significatif.

A Blois, c’est plus de 3000 manifestant·es qui se sont mobilisé·es pour dénoncer ces choix politiques dévastateurs pour la population mais surtout pour défendre le statut général des fonctionnaires non pas comme un acquis social mais comme un outil commun de progrès social pour toutes et tous les travailleur·euses.

Le 22 mai, les manifestant·es, travailleur·euses fonctionnaires, du secteur privé, dans ou hors de l’emploi, retraité·es et étudiant·es ont réaffirmé une nouvelle fois que les services publics et le statut de la fonction publique :

  • c’est ne pas dépendre d’un·e propriétaire de l’outil de travail ou de son/sa représentant·e qui embauche et licencie à sa guise,
  • c’est une autre façon de produire,
  • c’est répondre à l’intérêt général.

En somme, ces mobilisations démontrent que les revendications des fonctionnaires et des travailleur·euses du privé convergent et confirment qu’il est temps aujourd’hui de nous battre pour notre intérêt commun, notre intérêt de classe.

 

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