HPI : confinés, pas bâillonnés !

Comme d’autres entreprises de la métallurgie, JTEKT HPI à Blois a fait face à l’épidémie de Covid-19. Comme beaucoup de directions, celle de JTEKT, menée par les représentant·es du MEDEF local, a dans un 1er temps voulu imposer la poursuite de l’activité pour garantir les profits de l’entreprise au prix de la santé des travailleur·ses et de la population.

Le syndicat CGT de l’entreprise a d’emblée refusé toute reprise du travail en raison de l’exposition au virus, de l’impérative nécessité de limiter la circulation du virus et de réserver les protections aux activités vitales. Face à cette mobilisation syndicale, la direction s’est résolue à recourir au chômage partiel.

Cependant, l’entreprise entendait contraindre nos camarades à négocier la prise de congés payés à sa discrétion en application des dérogations accordées aux patron·nes par le gouvernement. Le rapport de force entamé par le syndicat CGT de l’entreprise a permis de garantir les droits des travailleur·ses en matière de congés payés. La direction a autoritairement et déloyalement imposé la prise de congés payés aux salarié·es pendant une période non prévue à cet effet et non négociée. La direction de JTEKT a fait la démonstration du mépris qu’elle porte aux élu·es du personnel, aux syndicats qui portent la voix des salarié·es et défendent leurs intérêts. Les camarades, soutenus par l’Union Départementale, se sont battus pour faire reculer leur direction après avoir saisi la préfecture et la DIRECCTE qui a dû intervenir.

Il ne s’agit pas ici de porter aux nues une bataille ordinaire pendant le Covid mais d’en tirer toutes les conséquences pour l’action revendicative. A savoir qu’on ne gagne que les batailles que l’on mène et cette bataille en appelle d’autres parce qu’elle démontre l’utilité du syndicalisme CGT pour la vie quotidienne des salarié·es. Elle renforce la nécessité d’un syndicalisme de lutte au plus près des salarié·es mais les batailles en cours s’avèrent rudes.

Le chantage à l’emploi qui justifierait tous les reculs sociaux selon les patron·nes impose la présence de tou·tes les camarades dans les entreprises pour construire et engager avec les  et travailleur·ses des luttes partout dans la solidarité ouvrière.

 

Ouvert 7j/7, 6h-24h

Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. C’est le principe fondamental édicté par le code du travail. Ce principe se fonde sur la nécessité que tous les membres d’une même famille puissent se reposer le même jour. Il s’agit d’un droit qui contrarie l’arbitraire patronal en permettant à l’ensemble des travailleurs de se libérer de leur lien de subordination en participant à des manifestations collectives hors de l’emploi.

Toutefois, de multiples dérogations sont venues assouplir ce principe.

  • Des dérogations de droit,
  • Dérogations administratives,
  • Dérogations collectives et ponctuelles : les « 5 dimanches du maire »,
  • Dérogations conventionnelles,
  • Dispositions spécifiques aux jeunes travailleurs.

Il s’agit de dispositifs dérogatoires complexes qui résultent de l’offensive patronale pour étendre l’employabilité des travailleurs sur l’ensemble de leur vie.
La loi MACRON s’appuie sur cette confusion pour accélérer l’offensive et empêcher toute évolution vers le progrès social en étendant le travail le dimanche par :

  • L’assouplissement des conditions d’octroi des dérogations administratives en modifiant les termes utilisés,
  • Le recours à un dialogue social cadenassé pour déroger aux garanties légales,
    Des contreparties aléatoires selon l’accord ou l’absence d’accord ou la dérogation,
  • Un volontariat qui n’existe pas dans le monde réel du contrat de travail subordonné,
  • Le pouvoir du maire d’autoriser jusqu’à 12 ouvertures dominicales par an sous le contrôle des EPCI,

Cette loi veut exclure le travail le dimanche du droit du travail pour ne viser que l’éventualité très aléatoire d’une carotte salariale qui, dans tous les cas, ne permettra pas aux travailleurs de satisfaire leurs besoins fondamentaux.
Les travailleurs du dimanche pourraient constituer, alors, le sous prolétariat de demain corvéable à l’envi pour les patrons.
Enfin, le travail en soirée permet aux entreprises situées sur une zone touristique internationale de déroger par accord collectif aux limites protectrices du travail de nuit définies par le code du travail.
De manière générale, le travail du dimanche et en soirée est une arme de destruction des garanties encore prévues par le code du travail et en particulier la durée légale hebdomadaire du travail.
Sous prétexte de proposer des contreparties financières aléatoires sur la base d’un illusoire volontariat, le travailleur doit être en permanence flexible et donc employable.