Salariés des TPE, des droits syndicaux pour se défendre

A l’occasion des élections TPE, les salariés des Très Petites Entreprises (TPE) ont placé la CGT loin devant les autres organisations syndicales.

En Loir et Cher, la CGT a recueilli 28,42% des suffrages exprimés soit 5697 voix et précède FO et la CFDT de plus de 10%.

Cependant, la participation au scrutin 2017 s’est révélée assez faible avec  8,75% de votants (13675 sur 156354 inscrits) et inférieur au scrutin 2012 (12,49% de votants).

En refusant de proposer un vote physique aux salariés pour imposer le vote par internet ou par correspondance, le gouvernement a délibérément éloigné du vote les travailleurs des TPE.

En effet, les élections professionnelles passées démontrent que l’impossibilité du vote physique conduit les salariés à massivement s’abstenir.

Ce faisant, le gouvernement a privé les salariés de la possibilité de s’exprimer sur leurs intérêts individuels et collectifs.

En outre, l’impréparation du scrutin au sein du gouvernement, et en particulier du ministère du travail, démontre le peu de considération que le gouvernement Hollande et sa ministre El Khomri ont pour des salariés privés au quotidien de la liberté de s’exprimer au sein de leur entreprise.

Le ministère du travail a bradé la préparation et l’organisation de cette consultation. Le Comité régional de la CGT Centre a d’ailleurs relevé de graves anomalies :

  • 20% des électeurs de la région Centre, dont les adresses étaient erronées, ont été privés de matériel de vote et de la possibilité de s’exprimer.
  • 14300 salariés en région Centre n’ont pas eu de numéro d’électeur, les privant du matériel électoral et de leur droit de vote, soit 10% du corps électoral.
  • Certains salariés inscrits au siège de leur entreprise ont été privés de leur droit de vote.
  • D’autres ont été privés de matériel électoral malgré leurs recours.

Cette consultation a permis de composer les commissions paritaires régionales interprofessionnelles censées représenter les salariés des TPE et leurs employeurs. La loi Rebsamen a pris soin de priver ces commissions de moyens juridiques et matériels contraignant les patrons de TPE à respecter les droits de leurs salariés, à préserver leur santé et leur sécurité et à leur assurer des salaires répondant à leurs besoins.

A titre d’exemple, la loi Rebsamen a exclu expressément l’accès des entreprises aux membres de ces commissions sauf autorisation de l’employeur.

Malgré le mépris affiché par le gouvernement pour les organisations syndicales et pour le droit d’expression des salariés à choisir le syndicalisme qui va porter leur parole entravée par leur employeur sur leurs lieux de travail, les salariés qui se sont exprimés ont choisi la CGT.

Ce choix s’explique par la réalité des rapports sociaux dans les très petites entreprises. En effet, l’absence de représentants syndicaux dans ces établissements place l’employeur dans une position de toute puissance. L’état de subordination du salarié est total et se traduit dans certaines entreprises par le non-paiement des heures complémentaires et/ou supplémentaires, des durées de travail excessives, des conditions de travail dégradées dépendantes de la personnalité de l’employeur.

L’absence d’une organisation collective des travailleurs dans ces entreprises de moins de dix salariés expose ceux qui revendiquent ou s’expriment à des représailles allant bien souvent jusqu’au licenciement.

C’est dans ces conditions que les travailleurs peuvent compter sur la CGT pour défendre leurs droits. Cette confiance ne se dément pas parce qu’au sein des structures interprofessionnelles de proximité que sont les Unions Locales CGT du département (Vendôme, Romorantin, Mer et Blois), les salariés sont accueillis, écoutés et défendus.

La CGT s’est organisée pour porter son combat de classe pour la défense des salariés et le progrès social au sein des conseils de prud’hommes juges des litiges individuels liés à l’exécution et à la rupture du contrat de travail.

Dans cet objectif, la CGT du Loir et Cher compte 74 défenseurs syndicaux figurant sur une liste régionale qui sont formés à la défense des salariés victimes de l’arbitraire patronal devant le juge prud’homal.

L’accueil syndical proposé par la CGT en Loir et Cher doit être à même de donner des perspectives aux salariés qui ont choisi de riposter en s’engageant au sein du syndicat.

Ces perspectives ne doivent pas se limiter à la réparation des préjudices subis mais à transformer le statut des salariés dans leur entreprise par l’organisation des travailleurs pour lutter.

C’est pourquoi nous revendiquons que les salariés des TPE disposent de droits syndicaux leur permettant de s’exprimer librement et de porter leurs revendications au sein de leur entreprise en élisant des délégués du personnel dans les TPE parce que la démocratie sociale ne peut plus être exclue de l’entreprise.

 

La Lutte continue : relaxe pour les Goodyear

Suite au procès, des 19 et 20 octobre 2016, à Amiens, le prononcé du jugement sera rendu le 11 janvier 2017 au TGI d’Amiens. Trainés devant les tribunaux depuis des années, ces militants ont pour seul crime d’avoir mené un … Lire la suite

Goodyear, ne rien lâcher !

image1Si la répression syndicale a toujours existé dans le pays, depuis que les salarié-e-s ont décidé de regrouper leurs forces pour améliorer leurs conditions de travail, leurs revendications sociales et salariales, on ne pouvait penser être confrontés avec ce gouvernement à une telle violence répressive envers toutes celles et tous ceux qui luttent chaque jour sur leurs lieux de travail.

Depuis le début de l’année et plus particulièrement depuis la mobilisation contre la loi « travail », les poursuites et condamnations s’accélèrent et s’alourdissent au fur et à mesure que ce gouvernement rampe devant les puissances financières.

Prolongation de l’état d’urgence, manœuvre pour interdire les manifestations, répression et criminalisation de l’action syndicale sont autant de menaces graves pour les droits et libertés dans notre pays.

Cette condamnation des huit syndicalistes de GOODYEAR est un précédent inouï et scandaleux et pourrait ouvrir la voie à bien d’autres du même genre. Le gouvernement veut faire de cette condamnation un exemple pour tenter d’intimider celles et ceux qui relèvent la tête et exigent l’arrêt des contre-réformes souhaitées par le Medef. Gouvernement et Medef craignent en effet des révoltes que pourraient occasionner les nouveaux plans de licenciements partout en France. Ce procès est un laboratoire.

Cette procédure judiciaire a été enclenchée par le Procureur de la République d’Amiens alors même que la direction de Goodyear avait retiré sa plainte.

La longue liste des militants de la CGT convoqués devant les tribunaux est dramatique. Personne ne doit accepter la criminalisation de l’activité syndicale notamment à l’heure où la financiarisation de l’économie ne cesse d’attaquer de plein fouet les conditions de travail et de vie au travail de la population tant en France qu’au niveau mondial.

La CGT du Loir & Cher a été en février 2016 à l’initiative de la création du Comité de défense des droits et libertés du 41, composé de syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires), de partis politiques (PCF, JC, Parti de Gauche, NPA) et d’association (mouvement de la paix), afin de rassembler toutes celles et ceux que se battent contre les discriminations, pour le droit de s’organiser, de se rassembler, pour le renforcement des droits et libertés.

Le Comité a participé à la grande manifestation nationale le 19 octobre dernier à Amiens, pour exiger la relaxe et l’abandon des condamnations prononcées contre les 8 syndicalistes de Goodyear.

Cette lutte massive, qui a rassemblé 8 000 personnes, a fait reculer la justice de classe avec comme résultat, l’abandon des peines de prison ferme pour les camarades de Goodyear. Mais le combat continue, la pression doit s’amplifier pour exiger la relaxe et l’abandon de toutes les peines prononcées.

Le 11 janvier 2017, le tribunal d’Amiens prononcera le résultat de son délibéré. L’Union Départementale Cgt de Loir & Cher appelle dès à présent à la mobilisation ce jour-là.

Le 12 décembre, au cinéma les Lobis à Blois, le film « Liquidation » qui retrace la lutte de Goodyear sera diffusé lors d’une séance débat avec la participation de Mourad Laffitte, réalisateur et Mickaël Wamen, ex délégué syndical de Goodyear.

 

Projection-débat du film « Liquidation » (Goodyear)

Fort de la mobilisation pour participer à la manifestation nationale à Amiens le 19 octobre 2016, afin d’exiger la relaxe des 8 syndicalistes de Goodyear, l’Union Départementale CGT de Loir & Cher continue son action pour impulser les luttes dans … Lire la suite