La formation initiale remodelée pour le patronat !

Après la réforme du collège initiée par le précédent gouvernement et celle de l’entrée à l’université avec la mise en place de Parcoursup qui, prenant l’excuse de pallier les tirages au sort dans certaines filières sous tension, généralise la sélection à l’entrée de la Licence, le gouvernement projette de finir d’adapter le système éducatif aux volontés du patronat. Ainsi, deux réformes sont en cours : celle du bac et celle de la voie professionnelle.

Encore sous un prétexte fallacieux, « le bac n’est plus adapté à la société d’aujourd’hui, il est archaïque et trop compliqué, il ne signifie plus rien pour les jeunes et leurs familles », le ministre de l’Éducation veut mettre fin aux séries existantes en créant des modules de spécialisation dans deux disciplines ; modules correspondant aux « attendus » (toujours comprendre les « pré-requis » !) des études supérieures.

Avec 40 % de la note en contrôle continu (évaluation en cours d’année) ainsi que la possibilité pour les lycées de proposer un module spécifique, le Bac se transformera en grande partie en « bac maison » dont la valeur dépendra de la réputation de l’établissement. En fonction de leur origine sociale et territoriale, les jeunes n’auraient pas accès aux mêmes lycées et mécaniquement aux mêmes possibilités de poursuites d’études. Des inégalités territoriales et sociales existent déjà : loin de les résorber, ce qui est la mission de l’Éducation, ce projet de réforme va les amplifier. Pour les épreuves écrites, elles auraient lieu au printemps… afin d’être prises en compte pour les réponses des établissements du supérieur dans Parcoursup. Ainsi, même si la CGT ne se satisfaisait pas du système existant qui créait des différences entre les filières, elle ne peut que dénoncer le fait que les élèves devraient se spécialiser et s’orienter précocement vers des poursuites d’études supérieures qu’ils et elles n’ont pas encore eu le temps de construire, l’Éducation nationale abandonnant l’ambition de donner une solide culture commune et générale à toutes et tous, sanctionnée par le baccalauréat, 1er grade universitaire. Cela concernerait aussi les séries de la voie technologique qui, bien que conservées, verraient leur examen rénové de la même manière.

En parallèle, le ministre Blanquer ouvre maintenant des « consultations » (dont on sait la valeur aux yeux du gouvernement qui ignore allègrement, mais sans surprise pour la CGT, les propositions et revendications portées par les organisations syndicales dès lors qu’elles ne vont pas dans le sens de sa vision de transformation de la société) sur l’enseignement professionnel sous statut scolaire en s’appuyant sur le rapport Calvez-Marcon. Ce dernier, avec celui sur l’apprentissage, complète les réformes interprofessionnelles et pose des pistes d’une dérégulation majeure de la formation initiale professionnelle. Il comprend deux axes principaux d’attaques : le développement de l’apprentissage (présenté comme la solution miracle à l’insertion des jeunes, approche totalement dogmatique quand on sait que dans ce mode de formation un jeune sur 5 ne finit pas sa première année et que les filles n’y représentent que 30 % des effectifs) en concurrence avec le scolaire et la substitution des diplômes par les blocs de compétences.

Le développement de la mixité des parcours et des publics transformerait la formation initiale sous statut scolaire en antichambre de l’apprentissage car les élèves pourraient changer de mode de formation à la fin de la 2nde et de la 1ere… Ce qui limiterait les possibilités de poursuite d’études avec l’obligation d’opter dès la fin de 1ere pour un « module d’accompagnement » vers le BTS.

De plus le rapport préconise la systématisation de l’idée très en vogue des « blocs de compétences », censés donner souplesse et adaptabilité aux parcours, alors qu’elle est avant tout une marque du renoncement de L’État de conduire chaque jeune à l’obtention d’un diplôme national, garant d’un niveau général de formation, avant sa sortie du système éducatif.

Ces processus affaiblissent la dimension émancipatrice au sens large de l’Éducation, la sommant de se professionnaliser pour lutter contre le chômage, alors que la CGT rappelle que ce n’est pas la formation qui crée l’emploi. Comme pour le lycée et l’université, la mise en place de blocs de compétences vise à affaiblir la dimension collective des parcours, des certifications et des qualifications, avec la volonté de casse des cadres nationaux des diplômes, ce qui entraîne l’affaiblissement des conventions collectives et des cadres collectifs de négociation.

La CGT défend un autre projet éducatif pour transformer la société avec la mise en place de parcours adaptés aux besoins des élèves et des spécialités, qui peut notamment passer par la création de classes passerelles vers le BTS. Elle revendique des moyens financiers et humains qui permettent à l’ensemble des jeunes de suivre une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans débouchant sur l’acquisition de diplômes nationaux. Si nous ne voulons pas que notre système éducatif dans son entier soit bradé au Capital, c’est tous ensemble que nous devons nous mobiliser pour le rendre émancipateur pour toutes et tous.

 

19 MAI : Grève dans les collèges

Si la création du collège unique a permis la massification de l’enseignement en France, l’absence de moyens budgétaires et pédagogiques n’a pas permis de passer à la phase de démocratisation. Depuis longtemps, la CGT Educ’Action alerte sur le fait que l’organisation du collège ne permet pas la réussite de l’ensemble des élèves en rompant avec la reproduction des classes sociales. Le collège demeure un outil de tri social et d’orientation subie pour une partie des élèves en fin de 3e.
Mais la réforme annoncée ne permettra pas de faire mieux. En effet, ancrée dans la politique d’austérité et le manque de moyens, elle entérine un collège à deux vitesses. Pire, accentuant la visée libérale de l’éducation, elle s’appuie sur le socle commun et le renforcement des compétences minimales à acquérir. Cette logique renforce l’aspect inégalitaire du collège, prétendument unique, en se contentant d’un minimum de savoirs utilitaristes pour les élèves les plus fragiles, loin du développement d’une culture commune de haut niveau.
Comme avec les réformes des lycées et de l’enseignement supérieur, la réforme annoncée renforce l’autonomie des établissements et par là-même le pouvoir des chefs d’établissements sur l’aspect pédagogique de l’organisation du collège. On est très loin de la promotion de la liberté pédagogique des personnels. Ainsi 20 % des horaires seront distribués par le chef d’établissement sur avis du conseil pédagogique (représentants nommés et non élus). Les 4000 Équivalents Temps Plein promis par le ministère pour assurer cette réforme ne suffiront pas à mettre la réforme en place pour assurer le bon déroulement des cours et l’amélioration des conditions de travail. Cette autonomie aggravera donc la concurrence entre disciplines, entre collègues, entre établissements. Elle entrainera surtout une territorialisation de l’éducation nationale dans les collèges, rendant encore plus inégalitaire l’apprentissage des savoirs.
Avec d’autres organisations, la CGT Educ’Action 41 appelait les personnels à faire grève le 19 mai pour une véritable réforme du collège qui promeuve la réussite de toutes et tous et qui permette l’amélioration des conditions de travail des personnels. Ce sont plus de 50% de grévistes qui ont répondu présents. Malgré cette forte mobilisation, le gouvernement a promulgué décret et arrêté fixant la réforme dans la nuit suivante.

La CGT Educ’Action 41 continue la mobilisation pour dénoncer le fond et la forme de la réforme et revendique :

– un nombre maximal de 20 élèves par classe et 15 en éducation prioritaire,
– des personnels en nombre suffisant pour couvrir l’ensemble des besoins,
– des moyens pour travailler en groupes à effectifs réduits avec un cadrage national,
– un temps de concertation (par classe, niveau, discipline, projet) inclus dans le temps de service devant élèves abaissé à 16h pour les certifiés et PLP et 14h pour les agrégés.

Éducation : où est la priorité?

Malgré les promesses et les perpétuels discours, réitérés en début d’année suite aux tragiques évènements de Charlie Hebdo, qui rappellent que l’Education est une priorité pour le gouvernement, la concrétisation par les actes n’est toujours pas au rendez-vous.
Les réformes mises en œuvre, parce qu’elles se font sans tenir compte de l’avis des personnels et à moyens constants, créent des inégalités fortes sur le territoire et aggravent les conditions de travail des personnels (cf. les réformes des rythmes scolaires et de l’éducation prioritaire). Les créations de postes, en grande partie absorbées par la compensation du mi-temps de formation octroyé aux stagiaires, sont très largement insuffisantes pour revenir sur les 80 000 postes supprimés sous l’ère Sarkozy et intégrer les nouveaux dispositifs horaires de l’éducation prioritaire ou encore la reconnaissance de certaines missions des personnels hors temps de classe (concertation, coordination, etc.). Les dotations horaires, discutées en février dans les établissements du 2nd degré, ne permettent pas d’assurer un meilleur accueil des élèves ni d’améliorer les conditions de travail des personnels. Preuve en est le maintien des seuils par classe qui restent trop élevés. Et malgré les votes des syndicats des personnels contre les propositions de l’administration lors des Comités Techniques Départementaux, aucune avancée n’est à attendre pour le moment. Dans le 1er degré, le tableau est aussi noir puisque le rectorat prévoit la suppression de 5 postes d’enseignants, synonyme d’une rentrée aux conditions à nouveau dégradées. Bien que le collège Bégon ait rejoint le collège Rabelais dans la catégorie REP+ (niveau le plus élevé de l’éducation prioritaire), les moyens sont toujours sous dotés pour assurer un accueil optimum des élèves et la reconnaissance de l’ensemble du travail des personnels (qui étaient d’ailleurs en grève à quasiment 100% le 3 février, suite à un appel CGT-FSU).
A cela s’ajoute la question salariale, de plus en plus prégnante pour les personnels. Les salaires sont gelés pour la 5e année consécutive. Résultats : une baisse continue du pouvoir d’achat, 15% de perte depuis 2000 et un tassement vers le bas de l’ensemble des rémunérations. L’annonce de la prime aux recteurs et rectrices (part fixe de la prime revalorisée de 68,5%, passant à 25620€ et part variable pouvant toujours atteindre 45% de cette somme, portant ainsi la prime à un montant compris entre 25620 et 37140€), a sonné comme une véritable provocation quand on sait que les salaires nets ont encore baissé en janvier suite à la hausse des cotisations sociales due aux dernières réformes sur la retraite.
L’austérité prônée par l’UE n’épargne donc pas l’Education. C’est pourquoi la CGT Educ’Action appelle l’ensemble des personnels à participer à la journée de grève interprofessionnelle du 9 avril pour une autre politique éducative émancipatrice et une revalorisation salariale immédiate.

Rentrée scolaire à ryhtme effréné

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Alors que les atermoiements de ministres ont contraint Valls à former un nouveau gouvernement qui lui soit fidèle et qui respecte la ligne libérale de sa politique, si chère au patronat, le monde éducatif fait sa rentrée. L’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’Education Nationale est-elle vraiment annonciatrice de changement ? Les promesses de créations de postes (60 000 d’ici 2017) ne verront très certainement pas le jour. En Loir et Cher, des établissements ont encore vu leurs moyens réduits pour cette rentrée 2014 et, de fait, des classes avec des effectifs de plus en plus élevés. Dans certains collèges, on voit des 6e à 28 élèves, des niveaux 5e, 4e, 3e atteindre 29 à 30 élèves. Idem dans certaines classes de primaire, quand ce n’est pas plus. Classes surchargées qui vont de pair avec l’augmentation du temps de travail puisque les heures supplémentaires sont toujours pléthores dans notre académie (frôlant les 10% de la dotation horaire). La non attractivité du métier d’enseignant induite par la réforme du concours et le gel des salaires a pour conséquence une baisse très nette du recrutement. Cumulée à des démissions, des personnels qui ne se présentent pas, les postes vacants sont encore trop nombreux à la rentrée. On peut citer comme exemple un poste de maths et 1,5 poste de mécanique auto au lycée professionnel Ampère à Vendôme, un poste de lettre-espagnol au lycée hôtelier à Blois, des postes d’administratifs. Le rectorat renvoie alors vers Pôle Emploi pour recruter des contractuels augmentant toujours plus la précarité dans le Service Public d’éducation.

La réforme des rythmes scolaires dans le 1er degré est généralisée à l’ensemble des écoles publiques (les écoles privées étant exemptées) souvent contre l’avis des personnels, des familles et des maires. Cette réforme, qui met à mal l’égalité de traitement des élèves sur le territoire, se fait à tout prix, y compris sous la menace de faire intervenir le préfet en cas de refus d’obtempérer. Des mobilisations s’organisent, comme à Cellettes pour dénoncer cette nouvelle organisation mais de l’avis de la hiérarchie académique, tout va bien.

Outre des conditions d’apprentissage dégradées et inégalitaires pour les enfants, qui vont à l’encontre de la réussite de toutes et tous, ce sont bien les conditions de travail de l’ensemble des catégories de personnels (enseignants, vie scolaire, administratifs, personnels de santé, etc.) qui se détériorent à grand pas, impactant de fait leur santé au travail !

Le vote CGT aux élections professionnelles c’est lutter pour :

  • La création de postes statutaires en nombre suffisant pour répondre à l’ensemble des besoins de la communauté éducative (classes avec des effectifs réduits, fin de la précarité chez les personnels, disciplines et options garanties avec les horaires prévus par les textes, fin des heures supplémentaires mais hausse des salaires),
  • Une réelle prévention et santé au travail avec la volonté de voir les CHSCT jouer leur véritable rôle d’alerte,
  • Une meilleure gestion des personnels (mutations, formation, promotions).

Non à la disparition du centre de planification et d’éducation familiale au sein des centres hospitaliers!

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tract CPEF CGT PF 2 

Le rôle du planning familial

Les Centres de Planification et d’Éducation Familiale, créés en 1972 après la loi NEUWIRTH qui autorise les médecins à prescrire des contraceptifs, sont des structures financées par le Conseil Général et gérées dans notre département par les hôpitaux (Blois, Romorantin et Vendôme). Des conventions entre le Conseil Général et chacun des hôpitaux ont été signées en juin 2005 pour en assurer leur fonctionnement.
Ce sont des structures qui ont des missions de service public au sein de la fonction publique hospitalière. Ils doivent donc assurer leurs missions 5 jours sur 7 et pouvoir répondre aux urgences 24H/24 pour toute la population du département.

Ce que la CGT défend :

La CGT de Loir et Cher, par ses syndicats au Conseil Général et au Centre Hospitalier de Blois, a demandé un rendez-vous au président du Conseil Général pour défendre à la fois les conditions d’exercice des professionnels concernés, par l’augmentation des moyens attribués au regard des besoins pour rétablir, renforcer les missions, la qualité des soins et prestations auprès des populations concernées.

Toute l’éducation est prioritaire

Qui croyait vraiment que l’École serait sanctuarisée sous la mandature Hollande et que les conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves s’amélioreraient véritablement après les attaques massives du quinquennat Sarkozy ? Soit, les promesses étaient belles… Mais dans la réalité, peu de changements…

La rentrée scolaire 2014 en Loir et Cher

Pour la rentrée 2014, les prévisions d’heures postes statutaires pour les collèges du département sont encore à la baisse : -79. Soit 12 collèges sur 27 qui sont touchés alors que certains voient leurs effectifs d’élèves encore augmenter ! En revanche les Heures Supplémentaires Annuelles (HSA), qui vont encore alourdir le temps de travail des enseignants, sont encore en hausse. Normal puisque le quota de HSA par établissement passe de 9,12 % à 9,45 %. Et le nombre d’élèves par classe reste le même c’est-à-dire 26,5 pour les 6e et 29 pour les autres niveaux dans les collèges non classés Eclair. Et les lycées, généraux et professionnels sont à peine mieux lotis. Cela va à l’encontre de ce que revendique la CGT, à savoir l’utilisation d’heures supplémentaires pour les seuls projets pédagogiques, l’attribution à chaque établissement d’une dotation en heures postes suffisante pour réaliser les horaires minima dans toutes les disciplines et la baisse significative des effectifs élèves par classe.

Dans le 1er degré, même si le rectorat fait de l’affichage en n’attribuant aucune dotation négative dans les 6 départements de la région, le seul poste créé annoncé dans le Loir & Cher ne pourra pallier les nombreuses suppressions des années précédentes. Et la réforme des rythmes scolaires qui devrait se généraliser à la rentrée 2014, n’améliorera pas les choses. Modifications des horaires des écoles (variables en fonction des locaux disponibles), multiplication de différents intervenants durant le temps périscolaire, etc. : aucun progrès des conditions de travail de l’ensemble des personnels.

La situation des Centres d’Orientation et d’Information du département, dont 2 sur 3 sont menacés de fermeture ou au mieux de délocalisation dans de nouveaux locaux (si un financement est trouvé suite au désengagement du Conseil Général) est tout autant inacceptable tant pour les personnels qui ne savent pas s’ils doivent ou non préparer leur déménagement mais qui continuent, dans cette incertitude, à assurer les forums sur l’orientation, l’accueil des élèves et de leurs famille, que pour les usagers qui verront peut-être à la fin de l’année scolaire se réduire l’offre publique d’information sur l’orientation.

Oui, le service public d’éducation est primordial !

Dans le climat actuel de montée des extrémismes, il est inquiétant et même affligeant que le gouvernement ne prenne pas toute la mesure de l’importance des services publics de l’Éducation, de l’Enseignement Supérieur et de la Culture comme vecteurs de connaissance, de compréhension du monde, du développement du vivre ensemble. Comme l’ensemble des services publics, l’Éducation doit participer à l’instauration de la justice sociale et être un rempart à la reproduction des inégalités. Mais pour cela, il faut que la souffrance des personnels, qui s’exprime de plus en plus souvent dans les établissements scolaires face à la montée du management et des violences quotidiennes, tant physiques que verbales, soit entendue. Et que le gouvernement crée les postes statutaires pour répondre aux besoins éducatifs des enfants.