Macron, une ambition : saigner la fonction publique

De la privatisation de certaines missions à la mise en place d’un système managérial copié sur le privé, la casse des statuts de la fonction publique avec la fin du recrutement par concours ou encore en vidant les instances de représentation du personnel de leurs prérogatives, la démolition du service public du travail et de l’emploi se poursuivent et s’accélèrent.

Ce démantèlement brutal se traduit en DIRECCTE par une saignée sans précèdent des services de la direction générale des entreprises : suppression de 75 % des effectifs en France (moins 15 postes sur 22 en région Centre, 300 sur 420 au plan national). Cette décision signe l’abandon de toute intervention publique dans le domaine du développement de l’emploi industrie (sauf pour les actionnaires : CICE et exonérations fiscales et sociales).

Du côté du ministère du travail, c’est la réduction des missions emploi des DIRECCTE aux seuls plans sociaux. Les missions de contrôle pourront être touchées puisqu’il est question d’externaliser certains contrôles « standardisés » pour mieux les centrer sur la lutte contre la fraude. C’est la suite logique des différentes contre-réformes du droit du travail (loi El Khomri, ordonnances Macron) qui font des entreprises les maitresses d’œuvre de la norme sociale.

Depuis le plan Sapin et particulièrement sous la DRH Pénicaud, le ministère du travail accumule les mesures visant à mettre au pas les agent·es de l’inspection du Travail : réforme de 2012, code de déontologie, déclaration de conflits d’intérêts, suppressions de sections.

Pénicaud, l’envoyée du MEDEF veut notre peau.

A l’heure où nos collègues du ministère de l’économie ne savent pas encore où ils travailleront l’année prochaine et quelles seront leurs fonctions, rappelons les droits qui sont les nôtres et défendons nos missions de service public ainsi que notre statut au service des usager·es.

Pourtant, au moment où les dividendes explosent en France et dans le monde, il est possible et indispensable de mener une politique au service des travailleur·ses, de ceux et celles qui produisent les richesses dans et hors de l’emploi.

Ensemble pour nos revendications :

  • pas touche au statut !
  • maintien de la compétence de l’État sur toutes nos missions,
  • arrêt des suppressions de postes,
  • recrutement immédiat à hauteur de tous les postes vacants ou non-occupés par voie de concours.

 

Élections professionnelles FP : le rôle des élu·es CGT

Agent·es titulaires ou contractuel·es des 3 versants de la Fonction Publique seront donc amenés à élire leurs représentant·es aux Comités Techniques (CT) locaux et ministériel, aux Commissions Administratives Paritaires Locales ou Nationales (CAP) pour les titulaires et aux Commissions Consultatives Paritaires (CCP) pour les contractuel·les.

Pourquoi renforcer la représentativité CGT dans la Fonction Publique ?

La CGT est le moteur de nombreuses mobilisations interprofessionnelles et de luttes pour gagner le progrès social, le développement du service public, des augmentations salariales, de meilleures conditions de travail, la réduction du temps de travail. Au-delà de cela, voter pour des élu·es CGT c’est voter pour la solidarité, pour se rassembler, pour mobiliser et apporter des réponses collectives pour transformer la société. En effet, la démarche de la CGT est fondée sur la consultation des syndiqué·es et des salarié·es, pour construire et faire aboutir les revendications et représenter aussi bien les fonctionnaires que les contractuel·les de toutes les professions et tous les établissements aussi petits qu’ils soient.

Un CT, ça sert à quoi ?

Le CT donne un avis sur tous les aspects de la vie de l’établissement, notamment de l’organisation du travail. Il est consulté par exemple sur le budget, les créations et suppressions de postes, les transformations des structures, les conditions et l’organisation du travail, notamment les programmes de modernisation des méthodes et techniques de travail et leurs incidences sur la situation du personnel, les critères de répartition de certaines primes …

Et les CAP ?

Les CAP, instances de représentation des fonctionnaires, traitent des sujets relatifs aux carrières individuelles et sont obligatoirement saisies pour donner un avis sur les actes ayant un impact sur la gestion du corps de l’agent·e (détachement, disponibilité) et sur la carrière de chaque agent·e de ce corps (titularisation, avancement de grade ou promotion de corps, recours en évaluation, etc.).

Pour finir les CCP…

La CCP, instance qui représente les personnels non-titulaires, est obligatoirement consultée sur les décisions individuelles relatives aux licenciements intervenant à l’expiration d’une période d’essai et aux sanctions disciplinaires. Elle peut être consultée sur toute question d’ordre individuel relative à la situation professionnelle des agent·es non titulaires (par ex : refus opposé à des demandes de congés, de travail à temps partiel, de mise à disposition, de formation…).

Les élu·es CGT défendent une amélioration des conditions de travail et des salaires de tous les personnels, des créations de postes, des moyens pour une qualité de service public de proximité qui réponde aux besoins de toutes et tous, sur tout le territoire. C’est pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que voter pour une liste CGT aux prochaines élections professionnelles de décembre, c’est voter pour un autre SERVICE PUBLIC !

 

Élections professionnelles Fonction Publique : une importance pour toutes et tous

Elles auront lieu dans la Fonction Publique le 6 décembre 2018 pour le vote à l’urne, à partir du 29 novembre pour les moins chanceux·ses qui seront obligés de voter de manière électronique comme dans l’Éducation Nationale. Si elles sont un enjeu crucial pour l’ensemble de la CGT en terme de représentativité et de droits syndicaux, elles le sont tout autant pour les personnels et pour les usager·es, quoiqu’en pense le gouvernement qui vise à en réduire l’impact en envisageant la fin des CHSCT, des Commissions Administratives Paritaires et surtout la fin du statut de la Fonction publique, garant de l’égalité de traitement sur tout le territoire.

Dans un contexte d’attaque généralisée contre le monde du travail, de remise en cause des conquis sociaux, de marchandisation des secteurs publics où les tenants du libéralisme s’évertuent à vouloir développer les partenariats public-privé et à mêler le lucratif au non lucratif, les candidat·es des listes CGT porteront une autre idée de transformation de la société et de développement des services publics de proximité, maillant l’ensemble du territoire. Contrairement à ce que véhiculent les médias et les responsables politiques (au plan national mais aussi local), la CGT n’est pas un « élément de l’ancien monde » qu’il faudrait abattre comme tout ce qui entrave « la concurrence libre et non faussée » chère à l’Union Européenne. Non la CGT est porteuse d’un syndicalisme de lutte qui allie contestations et propositions.

La catastrophe du pont de Gênes, dont l’effondrement a fait 43 mort·es, est malheureusement un exemple frappant de la concession d’un secteur public à un grand groupe privé (Benetton) qui, pour engranger toujours plus de profits, a rogné sur l’entretien et les investissements. Où comment faire passer l’intérêt de quelques un·es, actionnaires richissimes, au détriment de l’intérêt collectif…

La CGT a une toute autre idée des services publics qui doivent en 1er lieu répondre aux besoins de toutes et tous et ce quel que soit l’endroit du territoire, la situation administrative de l’usager·e, etc. Tous les jours, avec les agent·es et les usager·es, la CGT construit des revendications pour améliorer les services publics : non pour les rendre rentables, comme exigent les différents gouvernements à la solde du patronat mais bien pour qu’ils soient proches de la population et permettent à chacun·e de vivre mieux.

Depuis des mois la CGT combat la mise en œuvre de la sélection et du tri social à l’entrée de l’université via la mise en place de ParcourSup qui éloignera une grande partie des jeunes bachelier·es (majoritairement issus des familles d’ouvrier·es et d’employé·es) des études de leur choix. Les ministres Vidal et Blanquer ont beau faire de la « com’ » depuis la rentrée, difficile de cacher que plus de 47 000 lycéen·nes ou étudiant·es sont bloqués dans le logiciel, sans aucune place dans l’Enseignement supérieur, que 71 000 jeunes sont en attente et espèrent obtenir une meilleure affectation… et que 181 000 candidat·es ont définitivement quitté la plateforme, sans qu’on sache ce qu’ils sont devenus : découragés, contraints de trouver une formation privée, ou bien dans l’obligation de chercher du travail. Bref ParcourSup a laissé des dizaines de milliers de bachelier·es sur le carreau. Seuls vrais bénéficiaires de cette réforme : l’enseignement et les officines de formation privés…

Pour défendre l’hôpital et les EHPAD publics pour de meilleures conditions d’accueil des patient·es et usager·es et de meilleures conditions de travail des personnels, l’un n’allant pas sans l’autre, la CGT se bat depuis des mois contre les fermetures annoncées de lits à l’hôpital de Blois, à la maternité, au service psychiatrique de Romorantin mais aussi contre le projet de vente d’une unité du CH-BLOIS qui aurait pour conséquence la perte de 77 lits d’accueils pour personnes âgées dépendantes ou encore contre la suppression de 12 postes de soignant·es à l’EHPAD de St Aignan. La CGT se bat contre la politique publique qui favorise les établissements privés à but lucratif contre l’hôpital public pour permettre aux dirigeants·es et actionnaires des cliniques et maisons de retraites privées d’engranger toujours plus de profits : les actes les plus rentables pour le privé, les actes qui rapportent le moins et ceux à risque pour l’hôpital public. Grâce à l’action de la CGT et à sa campagne de signatures de pétitions, le Plan Régional Santé a été refusé par le CESER puis par le Conseil Régional. Ce n’est que le mépris de l’ARS vis-à-vis de la population qui lui permet de le publier malgré tout…

C’est pour défendre les usager·es et les personnels que la CGT dénonce les restructurations des bureaux de poste visant à rallonger les tournées des facteur·trices, à ne plus respecter le fait que le courrier soit distribué 6 jours sur 7 à chacun·e et surtout à réduire le contact facteur·trices/usager·es… sauf à souscrire à des contrats payants : « veiller sur mes parents », distribution du courrier à la porte, etc. Bref la CGT lutte contre le détricotage du rôle de « lien social » des agent·es de la Poste. De la même manière la CGT lutte contre la fermeture des trésoreries des impôts en Loir et Cher qui réduira encore l’offre de service à la population. Dans tous les cas, ce seront les personnes les plus précaires, les plus en difficulté socialement qui seront obligées de se débrouiller par elles-mêmes en utilisant les « guichets uniques » des services publics… où l’ordinateur en face d’elles aura bien du mal à répondre à leurs interrogations..!

C’est pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que voter pour une liste CGT aux prochaines élections professionnelles de décembre, c’est voter pour un autre SERVICE PUBLIC !

 

Prise de parole UD CGT 41 – 10 octobre 2017

Cher.es ami.es, cher.es camarades, Si nous sommes réunis aujourd’hui suite à l’appel national d’une intersyndicale très large dans les trois versants de la Fonction Publique, l’Union Départementale CGT a fait le choix d’interprofessionnaliser la journée de grève et de mobilisation … Continuer la lecture

Dossier réindustrialisation et développement des services publics

Halte à la casse de l’emploi !

Depuis des années, les différents gouvernements au pouvoir, quelle que soit leur couleur politique, relais du patronat et à grands renforts de campagnes médiatiques, nous serinent qu’il faut refonder le monde du travail pour que nos entreprises soient compétitives dans une économie mondialisée… Et qu’il faut moderniser nos services publics pour les rendre rentables et attractifs pour satisfaire aux desiderata des grands groupes et de l’Union Européenne.

Selon ces mêmes tenants du capitalisme, pas d’issue possible sans livrer le tout à la libre concurrence et sans une baisse drastique du fameux « coût du travail », seule entrave au développement de l’industrie en France. En cause principalement selon eux, notre modèle social éculé et son principe de cotisations sociales (surtout celles patronales notez bien !) et des principes trop protecteurs comme le CDI ou le statut de la Fonction Publique, qui ne laisseraient pas assez de libertés au patronat pour gérer ses affaires comme il l’entend !

Alors depuis des décennies, les gouvernements font tout pour détricoter notre modèle social issu des luttes, pour détruire les acquis des salariés et des retraités, et mettent ainsi en place des exonérations de cotisations sociales patronales, des allègements d’impôts, des lois qui flexibilisent toujours plus le travail en détruisant petit à petit le code du travail, réduisent les droits des salariés à se défendre contre les procédés iniques du patronat. En parallèle, ce sont toujours plus de cadeaux fiscaux pour les entreprises… Sans remonter à des lustres, on peut ainsi citer le pacte de responsabilité, le CICE (qui faute de développer l’emploi à servi à augmenter les dividendes des actionnaires), les lois Macron – Rebsamen – El Khomri. La liste des attaques contre de monde du travail est trop longue à énumérer de manière exhaustive. Toutes étaient faites au nom de la compétitivité des entreprises et au prétexte d’enfin libérer l’emploi en France pour réduire le chômage.

Qui n’a pas encore en mémoire le pin’s de Gattaz qui promettait 1 million d’emplois créés sous le quinquennat Hollande ?

Et pourtant, faisons le point sur tous ces prétendus bienfaits pour l’industrie en Loir et Cher. En reprenant une étude basée sur les données de l’Acoss1, entre 2008 et 2015 notre département a perdu plus de 5% d’emplois privés salariés. Bien que le Loir et Cher soit un département où l’industrie reste forte en pourcentage (plus d’un quart des emplois) au regard du reste de la région et plus encore de la France, ce sont plus de 20 000 emplois dans l’industrie qui ont disparus durant la même période.

Est-ce une réelle surprise avec la fermeture de l’usine MATRA en 2003 ? Et plus récemment, les plans de départs volontaires chez Delphi, la fermeture de Germanaud et celle programmée de Philips dans quelques semaines ?

De plus, les entreprises externalisent de nombreux emplois de services qui étaient jusqu’alors intégrés dans les emplois industriels. En bref, ce sont les secteurs de la construction et de la métallurgie (dans le Loir et Cher, l’équipement automobile et les autres équipements électriques) qui ont connu les soldes négatifs d’emploi les plus importants.

De plus, dans le département les salariés soumis à la précarité sont de plus en plus nombreux : plus de 5% d’intérimaires alors que le chiffre de la France est à 3,6%. Et si le nombre de privés d’emploi n’ayant pas travaillé est resté stable entre 1996 et 2015, ceux appartenant aux catégories B et C sont passés de 25 à 42% portant ainsi le nombre de demandeurs d’emploi à plus de 26 000.

Dans la Fonction Publique, les restructurations, fusions de services et d’établissements ont conduit à la destruction de postes, notamment statutaires. C’est une véritable remise en cause des services publics de proximité qui est à l’œuvre au nom de la « réduction de la dette publique ». Pour la population cela signifie une réduction de l’offre de formation, la fermeture de classes, la disparition de bureaux de poste, la hausse de la médecine ambulatoire et la fermeture de lits d’hôpitaux, un moindre accès aux administrations de l’Etat. Pour ne prendre qu’un seul exemple récent, la loi Touraine pour la santé et la mise en place des GHT entrainent des fusions de services, le recentrage sur les grands centres hospitaliers et annoncent encore des suppressions d’emplois.

Une seule conclusion s’impose : ce sont les politiques mises en œuvre au nom du profit qui sont néfastes à  l’industrie et au travail et non les droits des salariés et notre système de protection sociale. Pour la CGT, la reconquête industrielle doit être une priorité des politiques publiques nécessitant des ambitions claires avec des engagements et des moyens à la hauteur pour réindustrialiser, remailler le territoire avec la reconquête des services publics de proximité.

1 Organisme qui gère la trésorerie de chacune des branches de la Sécurité sociale et pilote le réseau des Urssaf (donc l’ensemble des cotisants du secteur concurrentiel qui comprend tous les secteurs d’activité économique sauf les administrations publiques, l’éducation non marchande (établissements d’enseignement relevant de l’Etat ou des collectivités locales), la santé non marchande et l’emploi par les ménages de salariés à domicile).

Réindustrialisons le territoire !

Depuis des décennies l’industrie connait un déclin important avec des licenciements, des fermetures, des  délocalisations, malgré  les millions d’euros déversés aux entreprises sous forme d’aides ou d’allègement fiscal sans aucun contrôle ou contrainte imposés en échange. La France a besoin d’une industrie forte, moderne, répondant aux besoins de tous.

La production industrielle atteint dans l’hexagone à peine 10% du produit intérieur brut (PIB) contre 16% pour la zone euro et 22% en Allemagne.

Le nombre des emplois industriels a reculé en 15 ans de 25% ce qui représente à peu près 3 millions de salariés et la France importe 60% de ses produits industriels.

Pourtant le gouvernement s’était engagé dès le début du quinquennat à mettre en place une politique de réindustrialisation en nommant un ministre du redressement productif qui tout au long de son mandat n’a fait qu’accompagner les licenciements et les fermetures de sites entrainant dans ces catastrophes humaines la disparition des services publics et l’exode des travailleurs les plus jeunes.

Quand on ferme des usines, on ferme aussi des gares, des trésoreries, des classes dans les écoles  et quand on ferme des services publics on risque de voir fermer les usines.

La Confédération Générale du Travail a toujours  dénoncé par ses actions la dégradation des services rendus aux usagers et qui menace également l’équilibre industriel de nos régions.

Il faut changer  les orientations politiques qui ne visent qu’un seul objectif : nourrir les intérêts du capital ; et faire cesser la duplicité de certains élus qui votent au national la casse des services publics et se plaignent dans leurs territoires de la disparition de ceux-ci.

En créant des déserts industriels, ces politiques ankylosent et déshumanisent des territoires qui perdent en attractivité et dans lesquels les entreprises et les jeunes ne s’installent plus.

En exemple, la Région Centre est dotée de nombreuses PME-PMI sous-traitantes de l’automobile qui emploie 30000 salariés, avec des savoir-faire et des brevets industriels reconnus, mais plus aucun véhicule n’est produit dans la région depuis la fermeture de Matra en 2003.

Des possibilités de réindustrialisation sont possibles dans ce secteur, non seulement sur l’assemblage des automobiles mais aussi sur la recherche et le développement, notamment sur les véhicules à énergie nouvelle comme l’hydrogène ou la combinaison de l’électrique et de l’hydrogène.

Ce qui entraînerait la création de sites de production d’hydrogène mais aussi de stockage et de distribution.

Des synergies entre les entreprises du Loir et Cher sont possibles et même indispensable pour non seulement préserver l’emploi mais en créer de nouveaux.

Dans notre département des grands groupes en ont décidé autrement  (Matra, Valeo, Delphi, Faurecia, Philips,) ce qui s’est traduit par des délocalisations, des restructurations, des licenciements et autres fermetures d’usines.

En quinze années ce sont 15000 emplois en C.D.I. qui ont disparu et si on rajoute les milliers de C.D.D. et autres intérimaires, qui ont détruits nos bassins d’emplois de Vendôme, de Blois et de Romorantin au nom de la rentabilité financière et du cout du travail.

Les causes de ce déclin, la CGT les a identifiées et dénoncées depuis plusieurs années  :

  • La prépondérance donnée à la financiarisation de la gestion des entreprises industrielles depuis 40 ans.
  • Les choix politiques et économiques des gouvernements successifs, l’austérité, la recherche coûte que coûte de la baisse du « coût du travail » qui entraine inexorablement les délocalisations et l’externalisation des activités.
  • Le dumping social, fiscal et environnemental ainsi que le détournement des richesses créées par les travailleurs, vers des actionnaires sans scrupule, au détriment des investissements d’outils productifs, de la recherche et du développement, ainsi que la qualification des travailleurs et du renouvellement de leur savoir-faire.

Pour la CGT, le développement de l’industrie est inséparable de nouveaux droits pour les salariés.

Le droit d’intervention des salariés, dans l’ensemble des secteurs économiques, salariés qui doivent bénéficier d’une représentation effective et collective, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Pour cela il faut impérativement combattre et abroger la loi travail, Macron et Rebsamen.

Plus que jamais la CGT poursuit l’objectif de la relocalisation de l’industrie, le réinvestissement dans l’outil productif, le développement des circuits courts, en lien avec le remaillage de services publics forts sur nos territoires.

Réforme territoriale : exigeons des débats publics et la consultation des citoyens

Sous l’impulsion de l’UE, les gouvernements ont engagé des réformes structurantes de l’organisation et du champ de l’action publique, à coups de vraie/fausse décentralisation, transfert de compétences, entrainant une mutation du rôle et des prérogatives publiques nationales et locales.

Avec la loi NOTRe c’est une nouvelle accélération de la casse de l’architecture territoriale, issue de la révolution française, de la démocratie locale avec des bouleversements, tant pour les salariés que pour les citoyens. Fusions de communes, de communautés, transferts de compétences, de missions, transferts de personnel sont autant de conséquences.

Après les différentes phases de « décentralisation », cette loi c’est la construction des grandes régions qui avance, bras armé de la mise en place de la politique de l’Union Économique et Monétaire Européenne et du capital, qui entérine, à terme, la liquidation des communes et des départements au profit des communautés de communes et d’Agglomérations, la mise en place de métropoles dans de grandes régions fondées sur la mise en concurrence des populations et des territoires.

C’est toute la démocratie locale, la place et la cohérence de la politique de l’Etat, de la souveraineté populaire des citoyens, leur capacité à décider et à s’autodéterminer là où ils vivent qui sont balayées.

Depuis le 01/01/2017, le département est passé à 276 communes avec la création de 5 nouvelles communes nées de fusions : Oucques la Nouvelle (Oucques, Baigneux, Beauvilliers, Sainte Gemme) ; Valencisse (Molineuf, Orchaise et Chambon sur Cisse) ; Valloire sur Cisse (Coulanges, Chouzy sur Cisse et Seillac) ; Veuzain sur Loire (Veuves et Onzain) ; Beauce la Romaine ( Membrolles, Prenouvellon, Verdes, Ouzouer-le-Marché, Tripleville, La Colombe, Somerville).

Ces fusions ne sont qu’une tentative désespérée pour les communes de posséder des missions et prérogatives structurantes pour la vie de leurs concitoyens, d’exister dans les communautés de communes ou d’Agglomération.

Du côté des communautés de communes, 2016 a vu naître la communauté de communes Beauce Val de Loire qui regroupe la communauté de communes Beauce et Forêt avec celle de Beauce Ligérienne. Elle regroupe désormais 21 communes pour environ 21000 habitants.

Le Schéma Départemental de Coopération Intercommunal prévoyait une fusion des 3 communautés de communes Val-de-Cher-Controis, Cher à la Loire et celle du Romorantinais Monestois. Les élus avaient demandé à bénéficier d’un délai dérogatoire jusqu’en 2019. Mais comme la communauté de communes Cher à la Loire avait une population inférieure à 15 000 habitants, seuil fixé par la loi NOTRe pour rester seule, elle a été obligé de fusionner avec celle de Val-de-cher-Controis pour former la communauté de communes du Val-de-Cher-Controis (37 communes et environ 48000 habitants).

Ces créations fusions s’accompagnent de nouvelles compétences. Ainsi, les transferts prévus par la loi NOTRe pour les communautés de communes et d’Agglomération sont pour celles existant avant la loi NOTRe : développement économique ( Zone Activité Économique, actions de développement économique, politique locale du commerce et soutien aux activités commerciales d’intérêt communautaire, promotion du tourisme, dont la création d’office du tourisme) ; collecte et traitement des déchets ménagers ; aire d’accueil des gens du voyage ; maisons de services publics. Pour celles créées après la publication de la loi NOTRe viennent se rajouter l’assainissement et l’Eau.

Les compétences des départements sont également modifiées avec la suppression de la clause de compétence générale des départements et la redéfinition de leurs capacités d’intervention pour les « solidarités territoriales et humaines ». Cette action concerne notamment l’enfance, les personnes handicapées, les personnes âgées, les prestations légales d’aides sociales (gestion du RSA). Le département assure la construction, l’entretien et l’équipement des collèges, la gestion des agents techniciens, d’ouvriers de services. L’une des évolutions notables est la création des « maisons de services au public ».

Au nom de l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services en milieu rural et urbain, ces maisons de services au public seront l’occasion pour l’Etat et les collectivités territoriales de se désengager des missions de services publics et la porte d’entrée pour les offrir aux appétits financiers des groupes privés.

Les missions des régions évoluent aussi comme en matière économique et d’emploi qui devient une compétence exclusive ou encore le transport scolaire qui passe du département à la région.

Cette situation entraine des bouleversements pour les salariés des collectivités avec transferts d’employeurs, mobilité forcée, suppressions des postes « doublons », changement de métier, etc.

Mais cela entraine également des modifications, des dégradations de l’accès à des services publics de qualité pour les populations.

C‘est aussi la sécurité civile qui est touchée, avec le déclassement des Centres de secours, comme celui de St Aignan sur Cher, qui commence à susciter des réactions de la part de certains élus et de la population.

Il est temps de stopper cette restructuration institutionnelle qui affaiblit le pouvoir de l’État, met en cause notre République unitaire, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, confisque la démocratie locale, pour nous faire sombrer dans une jungle interrégionale dans laquelle les salariés seraient soumis à une concurrence économique et sociale sans fin.

S’il est indispensable que les agents des collectivités s’organisent, se battent pour leur statut, leurs conditions de travail, les missions de service public, etc. il est tout aussi indispensable que les salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, qui composent l’immense majorité de la population, fassent entendre leur opposition à cette restructuration de la société française.

Conception des Services Publics en Loir et Cher

Le statut général des fonctionnaires vient de fêter ses 70 ans (5 millions de fonctionnaires). Nous devons affronter la mise en place du PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations), du RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel) et du pacte de responsabilité, derrière lequel nos employeurs publics s’abritent pour expliquer leurs choix budgétaires.

Imaginez notre quotidien sans service public. C’est le cas des bureaux de poste qui ferment les uns après les autres, comme aux Cornillettes à Blois et à St Aignan.

Début décembre 2016 a eu lieu une journée de mobilisation pour la défense de la Fonction Publique. Une conférence de presse s’est tenue à l’Union Départementale, qui a rappelé qu’un service public ne doit pas être rentable. On entend que les fonctionnaires sont les responsables de la faillite de la France. Dans certains secteurs de la fonction publique, les 35h n’existent pas. La polyvalence est très sollicitée, les fiches de postes évoluent et les agents doivent de plus en plus s’adapter. C’est le cas notamment pour les ATSEM (Agent spécialisé des écoles maternelles) qui étaient en grève le 14/12/16 puis le 01/02/2017. Certains fonctionnaires titulaires de catégorie C à temps plein sont obligés de demander la prime d’activité en complément de leur traitement mensuel (environ 30 à 45€), par exemple les aides à domicile.

Les hôpitaux doivent faire face à la désertification médicale. La population du Loir et Cher a augmenté de 5.1% et le nombre de médecins régresse, ce qui engorge les urgences. Les agents hospitaliers sont souvent rappelés pendant leurs congés, les heures supplémentaires et la récupération explosent.

Une CSD (Coordination syndicale départementale)  vient de se reconstruire provisoirement, en février 2017, pour aider les syndicats et faire un point régulier dans les différentes collectivités.

A Blois, c’est la suppression du service municipal crèche familiale. Un service d’accueil où les assistantes maternelles sont directement employées par la Ville et accueillent les enfants à leur domicile. La tendance nationale est à la substitution de ce type de structure par le développement des Relais d’Assistantes Maternelles (RAM). En Novembre 2016 les élus ont pris la décision de supprimer ce service. Si les demandes de reclassement ne sont pas possibles pour toutes, 14 assistantes maternelles vont être licenciées.

Les policiers de Blois sont très sollicités, c’est un service qui recrute mais qui peine à trouver preneur. La rémunération n’est pas à la hauteur des risques encourus.

Les services sociaux  doivent faire face à une arrivée massive des demandeurs d’asile depuis janvier 2016, des associations devaient se créer mais elles n’ont pas encore vu le jour. Cela désorganise les services qui saturent. Les demandes de RSA explosent sur le Loir et Cher et nous retrouvons de plus en plus de personnes diplômées qui le demande.

Délégation de service public : de l’eau publique coule désormais au robinet de Blois et de l’agglo. Ce n’est plus VEOLIA mais un service du cycle de l’eau mutualisé entre Blois et Agglopolys. Ce changement a créé des postes mais des contrats privés de droit Public. Des collègues d’un même bureau ne sont pas rémunérés de la même façon, n’ont pas les mêmes avantages et jours de congés.

Attention : maison du service public, ce n’est pas du service public ! Depuis  janvier 2017, la poste d’Ouzouer-Le-Marché accueille la 1ère de Loir et Cher. Le but est de regrouper en un seul, divers services comme La Poste, Pôle Emploi, la CAF, la MSA ou encore GrDF. De plus en plus de démarches administratives sur internet, les usagers pourront y trouver un îlot numérique mis à disposition gratuitement. D’après le Député Maurice Leroy, le but est de promouvoir un service public de proximité.

L’UD CGT revendique au contraire le maintien et surtout le développement des services publics de proximité pour répondre aux besoins sociaux de la population. Cela passe par la défense et l’extension du statut de la fonction publique, la renationalisation des services publics livrés aux appétits des actionnaires des grands groupes privés.

 

 

 

 

 

Prise de parole du 7 mars 2017

Le choix de nous rassembler devant la CPAM de Loir et Cher ne relève pas du symbole mais est l’occasion de rappeler que la sécurité sociale appartient aux assurés sociaux parce qu’elle est financée par le salaire, le travail des … Continuer la lecture