Prise de parole de l’UD CGT 41 au 1er mai 2017

Cher.es ami.es, cher.es camarades,

Depuis le 20 juillet 1889, le 1er mai est une grande journée de luttes ouvrières et de solidarité internationale. Depuis plus d’un siècle, des multitudes d’hommes et de femmes, de toutes générations, unis de par le monde, ont fait de cette date une journée de lutte et de rassemblement pour leur dignité, pour travailler autrement et vivre mieux, pour les libertés et la paix.

En France, depuis que la CGT existe, elle a toujours été partie prenante de tous les 1ers mai. Elle a contribué à faire exprimer l’attachement et l’engagement des forces vives du pays à l’indépendance et à la souveraineté populaire de la nation, à la paix, à partir de ses valeurs anti-impérialistes, antiracistes, antifascistes et pour la coopération entre les peuples.

Dans la période que nous traversons, les salariés ont intérêt à ce que le 1er mai reste, conformément à son origine et à son histoire, une grande journée internationale de lutte pour affirmer la communauté de leurs intérêts de classe, leurs aspirations progressistes et pacifistes.

En effet, avec un candidat ultra libéral et une candidate d’extrême droite au second tour, les résultats des élections présidentielles sont lourds de danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail.

Le résultat de ces élections traduit un rejet des partis traditionnels de la droite et du PS qui se sont succédés au gouvernement et qui ont, par alternance, mené la même politique de régression sociale au service exclusif du patronat et de la finance, qui ont aggravé le chômage de masse et la précarité, la casse industrielle et des services publics, la mise en cause tous nos systèmes de protection sociale solidaire.

Le résultat de ces élections est la conséquence de ces politiques sociales et économiques menées par ces partis qui portent la lourde responsabilité de cette situation d’aujourd’hui, au même titre que l’ensemble du patronat, poussant toujours plus loin le recul social, avec la complicité des organisations syndicales d’accompagnement. Avec la CFDT, comme tête de file du syndicalisme de compromission qui a promotionné toutes les lois régressives, Macron, Rebsamen et dernièrement El Khomri et dont le secrétaire confédéral, Laurent Berger, a même rencontré à plusieurs reprises le candidat Macron pour se mettre d’accord sur la manière de faire avaler aux salariés la pilule des futures lois régressives pour les populations.

C’est le rejet de la marche forcée vers l’intégration européenne poussée par certains, imposée par d’autres, du traité de Maastricht jusqu’au traité de Lisbonne, de cette Union Economique Monétaire, dont les injonctions de la Commission de Bruxelles imposent austérité, destruction de notre modèle social, mise en cause de notre souveraineté populaire, de notre capacité à décider par et pour nous-mêmes, que traduit ce scrutin.

Les mensonges permanents, le populisme électoral de la candidate du FN notamment sur son volet pseudo social, ont trouvé écho chez une partie de la jeunesse, des salariés et des retraités qui manquent de tout ou presque, suite aux ravages des politiques d’austérité, qui survivent dans des zones rurales où il n’y a plus ni commerces, ni services publics, dans les zones où la casse industrielle et le recul de services publics a fait le plus de dégâts.

Sans minimiser les effets de l’instrumentalisation des peurs, du terrorisme, des amalgames éhontés utilisés par le FN durant cette campagne, les discours racistes, xénophobes, sexistes, homophobes, ou sur la préférence nationale, c’est bien sur le ras-le-bol de la situation, sur fond de misère généralisée, que s’est construit pour la 2ème fois sous la Vème République, l’accession de l’extrême droite au 2ème tour de l’élection présidentielle.

Car en effet, le Front National n’est pas né d’hier. Ceux qui aujourd’hui font pleuvoir de tous les côtés les soutiens à Macron, avec un autisme sans nom sur leurs responsabilités induites par leur politique conduite depuis plus de 30 ans, ont aussi oublié qu’ils en ont fait tour à tour une étrange promotion à des fins politiciennes peu avouables, aujourd’hui dépassées par le délaissement de la satisfaction des besoins du monde du travail au profit du patronat et de la finance, ainsi que par les magouilles, les affaires de corruption ou d’enrichissement personnel.

Cette volonté de changement, qui s’est exprimée diversement dans les urnes, va rencontrer une terrible déception avec Marine LE PEN.

La soi-disant candidate du peuple, fille de multimillionnaire élevée dans le luxe, va en réalité poursuivre la politique au service exclusif du patronat, amplifiée par des mesures anti immigration sévère, contre les privés d’emploi, contre les fonctionnaires, en cultivant la haine et les divisions entre les populations, en mettant à mort notre modèle et notre cohésion sociale.

A l’inverse de ses mensonges permanents et de son électoralisme d’opportunité, elle ne reviendra pas sur la loi travail, elle n’abrogera pas la loi Touraine, ne reviendra pas sur les réformes catastrophiques de l’école, pas plus que sur la réforme territoriale et la loi NOTRe. Ce seront les mêmes exonérations fiscales et sociales aux entreprises, les mêmes aides économiques, les mêmes avantages pour les uns et la même austérité pour les autres.

Mais le candidat prétendu ni de droite ni de gauche, qui est en réalité un pur produit fabriqué sur mesure par le tandem Hollande-Gattaz pour renforcer la domination du capital, propulsera le FN au pouvoir dans 5 ans s’il arrive à mettre en œuvre son programme sans encombre.

Le programme du riche employé de la banque Rotschild, c’est la mort de notre sécurité sociale financée par les cotisations, par le travail. C’est la mise en place du système de retraite par points, comme en Suède, où le 1er ministre Fredrick Reindfeldt, déclarait dès février 2012, que les Suédois devraient travailler jusqu’à 75 ans s’ils voulaient pouvoir bénéficier du même niveau de retraite qu’en 2011.

C’est la privatisation et la marchandisation de l’ensemble des missions de service public, la réduction drastique du nombre de fonctionnaires et la liquidation du statut de la Fonction Publique.

Il a déjà annoncé que le Code du Travail sera revu en profondeur, comme la Sécurité Sociale, avant l’été, par ordonnance, ainsi que l’utilisation du 49-3 pour imposer la suite de ses réformes.

C’est encore plus de mondialisation, plus d’intégration européenne et plus d’intégration dans l’OTAN pour aller faire la guerre aux quatre coins du monde au service de l’impérialisme américain et des grandes multinationales, dans une période, où plus que jamais, les tensions internationales font de notre planète une véritable poudrière.

A l’occasion de cette journée internationale de luttes pour le progrès social, la paix et le désarmement, nous ne pouvons que réaffirmer tout notre soutien aux peuples qui souffrent de la guerre et nos exigences de règlement pacifique des conflits, comme en Palestine avec l’arrêt de la colonisation israélienne et la reconnaissance d’un véritable Etat palestinien.

La guerre en Syrie ou en Ukraine, après l’Irak, l’Afghanistan ou le Mali, les tensions avec la Corée du nord, ne sont que des opérations de déstabilisation menées au nom de la guerre contre le terrorisme ou la dictature, visant à rétablir la suprématie mondiale des USA, mise en cause par les pays émergents, dans la guerre économique que se livrent les grands groupes à l’échelle de la planète.

Nous réaffirmons l’urgence de sortir de l’OTAN ainsi que l’urgence d’amplifier le combat pour mettre fin à cette escalade guerrière, à la mise en concurrence des peuples, pour, au contraire, construire un monde de paix et de solidarité, fondé sur les coopérations entre les peuples et leur émancipation, l’éradication de la misère et de tout ce qui constitue le terreau du terrorisme et des nationalismes.

Tout comme en France, faire reculer le Front National, les idées racistes, la préférence nationale, toutes formes de discriminations, nécessite la mise en œuvre rapide d’une autre politique résolument tournée vers le progrès social, le développement économique et l’extension des libertés.

Mais transformer véritablement la situation passera par le développement des luttes revendicatives, unies, solidaires et déterminés de la jeunesse, des salariés actifs, retraités et privés d’emploi, sur tous les lieux de travail et de vie.

Les plus de six mois de lutte contre la loi travail ont fait émerger une volonté de vivre mieux et autrement.

Cette volonté de changement, de se construire un autre avenir est très présente chez une grande partie de la jeunesse, avec des engagements divers et variés, témoignant de cette volonté de prendre leur vie en main. Des multitudes de luttes, dans de nombreuses entreprises et professions, ont lieu dans tout le pays sur diverses revendications.

Comme dans d’autres périodes de notre histoire, c’est la généralisation de ces luttes, leur mise en convergence, qui permettra aux salariés de se réapproprier les richesses qu’ils sont seuls à créer pour satisfaire leurs revendications, et permettra de réorienter l’argent de nos impôts vers l’intérêt général au lieu des intérêts particuliers d’une minorité.

Il n’y a pas d’inexorabilité dans le recul social. Par notre mobilisation, nous pouvons gagner :

  • Une véritable augmentation des salaires, retraites et minima sociaux,
  • L’arrêt des suppressions d’emplois, des délocalisations et le développement de l’emploi stable et qualifié à temps plein, notamment par la réindustrialisation du département, l’investissement dans la recherche et l’innovation,
  • La reconquête de véritables services publics de proximité,
  • La réduction du temps de travail à 32h pour travailler tous et mieux,
  • L’abrogation des lois Rebsamen, Macron, El Khomri,
  • La conquête de droits nouveaux pour les salariés,
  • Le renforcement de notre sécurité sociale, avec la prise en charge à 100% des dépenses liées à la maladie,
  • La retraite à 55 ans, à taux plein et la reconnaissance de la pénibilité,
  • Un véritable contrôle des aides publiques aux entreprises.

Mais développer les luttes, transformer le mécontentement en mobilisations massives nécessite d’avoir des syndicats partout et forts en adhérents. Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent travailler et vivre autrement, qu’ils soient actifs, retraités ou privés d’emploi, à renforcer ou à créer leur syndicat CGT dans leur entreprise ou service, à s’organiser pour être plus forts, pour ouvrir des perspectives et gagner ensemble de nouvelles conquêtes sociales.

Dans le prolongement de la mobilisation qui s’exprime aujourd’hui, il est indispensable que les aspirations fortes et déterminées de la jeunesse et des salariés s’accompagnent de luttes revendicatives engagées pour une transformation des conditions de vie et de travail, une transformation de notre société.

La CGT y est résolument engagée et déterminée et appelle d’ores et déjà, au-delà des luttes à développer dès demain dans les entreprises et services et les localités, les personnels de la santé et de l’action sociale, les usagers et leur famille, à se mobiliser le 31 mai prochain, à l’occasion de la tenue de la conférence de l’Agence Régionale de Santé pour exiger le renforcement de notre service public de santé et d’action sociale, en lien avec le renforcement de notre sécurité sociale solidaire.

Notre avenir sera celui que nous construirons. Alors à bientôt, plus nombreuses et nombreux dans les luttes.

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