La formation : un enjeu régional

Le gouvernement mène une « négociation » sur la formation professionnelle. La question est d’importance, d’autant que la formation professionnelle offerte aux salariés n’est pas adaptée à leurs besoins. La plupart du temps, les entreprises mettent en place des formations d’audit ou de management pour récupérer leurs fonds, voire de transférer ces financements sur l’assurance chômage. De plus, le MEDEF prône le fait que les entreprises et branches professionnelles soient « Co concepteurs » des diplômes, « Co évaluateurs » des programmes et « Co décideurs » des cartes de formations. Mais aussi le développement de l’apprentissage et de l’alternance avec un pilotage confié en partie « aux entreprises et aux branches afin de construire un système en adéquation avec les besoins et compétences des entreprises ». Poursuivant son idéologie d’attaque généralisée contre la certification, le MEDEF s’attaque aux formations qualifiantes pour promotionner n’importe quelle habilitation ou formation non transférable et non reconnue.

A l’opposé, la CGT revendique des droits individuels :

  • le droit au travail, à un contrat à durée indéterminée à temps complet, à la formation continue, à la sécurité sociale professionnelle, garantissant le maintien du salaire au regard de la qualification.
  • le droit à une progressivité de carrière qui lie qualification initiale, ancienneté, acquisition de nouvelles qualifications et évolution de salaire tout au long de la vie professionnelle.
  • le droit à la formation continue accessible à tous, sur un temps de travail au moins égal à 10% des heures travaillées et rémunérées comme telles.

Mais la formation continue n’est rien si elle n’est pas assise sur une formation initiale efficiente. Les réformes menées ces dernières années (socle commun de compétences, bac pro 3 ans, réforme du lycée), axées sur une visée utilitariste et capitaliste de l’Ecole, sont à l’opposé de l’idée émancipatrice de cette dernière. Elles n’ont pour seul but que de « fabriquer » des futurs salariés employables à merci. Elles mettent en concurrence les établissements scolaires (options, filières) et dévalorisent toujours plus la formation professionnelle initiale, renforçant l’orientation par défaut. L’Education Nationale doit permettre à chaque élève de choisir son cursus scolaire en fonction de son projet de vie et non en fonction des métiers sous tension dans les entreprises et lui donner les moyens de le réaliser dans de bonnes conditions. De même, l’ouverture à tous des formations post-bac suppose le développement des IUT, des universités dans l’ensemble des départements, à l’inverse de l’éloignement créé par les pôles d’excellence et les fusions d’universités.

L’égalité d’accès à ces universités exige un financement d’Etat à l’opposé de la Loi d’Autonomie des Universités (LRU).