De la naissance à la reconnaissance

Le 1er février 2019, avait lieu les élections professionnelles chez SMEA GEP, situé à la Chaussée St Victor, une entreprise de la filiale d’Alliance Automotive Group.

Ce groupe est implanté en Europe et intervient sur le marché de la pièce automobile. Depuis plus de 2 ans, la section syndicale de la SMEA GEP lutte pour réduire le diktat patronal et tente d’imposer les bases de la démocratie sociale pour faire respecter les droits individuels et collectifs des salarié·es et le droit syndical. Le 14 juillet 2018, une mobilisation devant l’entreprise, à l’initiative de la CGT, avait lieu pour défendre deux salariés victimes d’intimidations, puisque la société avait décidé de les licencier et qu’il a fallu une mobilisation de toutes et tous pour faire reculer la direction.

C’est sur ces bases que s’est développée la section syndicale et que notre camarade Rodolphe, délégué du personnel, a pu créer et emmener une liste CGT lors des élections au Comité Social et Économique (CSE) du 1er février 2019.

La détermination de notre camarade avec les salarié·es de SMEA GEP a permis de faire grandir le rôle que tiendra désormais la CGT dans l’entreprise. Sur un collège ouvrier·e/salarié·e de 60 votant·es, la CGT a obtenu 27 voix et 2 élu·es sur 4 au CSE et pour la première fois une femme est élue dans l’entreprise et sur la liste CGT. Il faut saluer le travail mené par les camarades pour faire reconnaître la nécessité d’un syndicat de lutte dans l’entreprise et les travailleur·ses pour leur clairvoyance. Il faut aussi faire le lien entre les résistances aux attaques patronales et les batailles menées par la CGT dans l’entreprise et ses résultats aux élections.

Si la CGT fait une entrée fracassante au CSE de SMEA GEP, la CFDT est majoritaire dans l’entreprise.

C’est en faisant le lien entre les besoins et les revendications exprimées par les salarié·es et la construction des luttes au sein de l’entreprise, notamment sur la question des salaires, que nous obtiendrons des victoires.

C’est bien dans la lutte que se construit le syndicat !

 

Prendre, enfin, leurs affaires en main

Depuis 1874 l’entreprise Thiolat est enracinée dans le paysage industriel blésois. Elle emploie 120 salarié·es. Aucun syndicat n’avait était implanté depuis la création de l’entreprise.

Au cours de l’année 2017, des discussions et des rencontres entre travailleur·ses ont eu lieu. Elles résultent du fait d’un constat commun sur leurs conditions de travail, sur l’absence d’écoute de la direction et aucune reconnaissance de leurs savoir-faire…

À la fin de la même année, la décision est prise : la création du syndicat CGT THIOLAT est actée. L’année 2018 est une année de constitution et de formation du syndicat, tout en gardant en ligne de mire les élections professionnelles de fin d’année afin d’être reconnus comme syndicat représentatif.

La direction de l’entreprise s’étant appuyée sur les ordonnances Macron, a prorogé le mandat des élus et reporté les élections au mois de février 2019.

Entre-temps, l’entreprise est rachetée par un groupe de plasturgie.

Le syndicat, avec l’appui de camarades de la CGT de l’Union Départementale et de l’Union Locale de Blois, a mené campagne pour le Comité Social et Économique

Une campagne sincère et tournée vers les travailleur·ses.

Le 7 février, dès le premier tour des élections, le syndicat remporte la totalité des sièges dans le collège ouvrier·e/salarié·e.

Après la création du syndicat un an et demi plus tôt, voici une nouvelle victoire puisque le syndicat CGT Thiolat Packaging devient représentatif avec l’appui des travailleur·ses.

Cela permet de construire avec elles et eux, d’autres vecteurs de luttes, notamment pour l’augmentation des salaires.

Les travailleur·ses, par cette confiance apportée à la CGT ont décidé de prendre enfin leurs affaires en main, ils ont décidé de faire entendre leurs voix.

 

Seule la lutte paie avec les agent·es et la population !

C’est dans une période de contestation sociale que se sont déroulées en décembre 2018 et en même temps les élections professionnelles dans les trois versants de la Fonction Publique, État, territoriale et hospitalière.

Les manifestations syndicales du 9 octobre, 1er décembre et 14 décembre se sont succédées pour exiger l’augmentation des salaires et des minima sociaux pour répondre aux besoins les plus fondamentaux de la population.

Spontanément, la population s’est élevée contre les injustices sociales, contre la taxation des plus faibles qui payent pour les plus riches gavés de cadeaux fiscaux et sociaux. Parmi les revendications figurent des services publics de proximité garantissant un égal accès des territoires à la santé, à la protection sociale, au développement économique ou au respect des droits des salarié·es.

Face à la volonté du gouvernement MACRON de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en 2022, les élections du 6 décembre dernier constituaient un enjeu essentiel pour les fonctionnaires et les usager·es des services publics. En effet, le vote CGT c’est la garantie de la défense des postes, des missions, du statut au service de la réponse aux besoins de la population.

Les rapports de force entre syndicats ne sont pas bouleversés et la CGT demeure sans conteste, malgré un recul de 1,3 point, la première organisation de la Fonction Publique avec 21,8 % des voix, 2,8 points devant la CFDT et 3,7 points devant FO.

Ce résultat est à mettre à l’actif des militantes et militants qui pendant des mois ont œuvré pour constituer partout des listes CGT et ont mené campagne dans les territoires au plus près des salarié·es pour gagner le vote CGT.

Même s’il est trop tôt pour tirer une analyse précise de ce scrutin et du bilan de la campagne, ces résultats permettent de pointer quelques éléments marquants, tels que la baisse continue de la participation, l’évolution du corps électoral et le score de la CGT qui marque une légère érosion au plan national.

Les résultats sont toutefois hétérogènes et on note des progressions sensibles de la CGT notamment au ministère du travail. De bons résultats qui se sont confirmés au plan local puisque la CGT est devenue la première organisation syndicale en région Centre Val De Loire dans les DIRECCTE confirmant ainsi ses résultats dans le Loir et Cher.

L’activité revendicative au soutien des agent·es, de leurs droits, de leur statut et de leurs missions de service public explique la confiance dans la CGT et sa progression dans la santé notamment dans les centres hospitaliers de Vendôme et de Blois.

Les combats des camarades au sein de l’Hôpital de Vendôme pour le respect des agent·es et de leur dévouement au service des usager·es sont reconnus puisque la CGT a obtenu un score dépassant les 80 % de votant·es.

De même, l’activité militante des camarades de l’hôpital de Blois au plus près du travail réel et des besoins des agent·es et des patient·es fait la différence avec les organisations telles que la CFDT. Le caractère interprofessionnel de ce travail militant pour empêcher le démantèlement de la maternité à Blois par la suppression de lits a permis d’obtenir l’engagement de milliers d’usager·es au-delà de la seule CGT contre l’adoption du plan régional santé.

Ces luttes ont payé partout où la CGT était présente et en mouvement avec les salarié·es et les usager·es, sans concession ni accompagnement des reculs sociaux. La CGT a soutenu et organisé l’action des agent·es dans les établissements où le syndicat n’était pas présent et notamment dans les EPHAD tels que celui de Contres où les agent·es ont construit leur lutte et gagné face à leur direction et l’ARS.

Dans l’éducation nationale, le syndicalisme de lutte a été reconnu au niveau régional par des progressions importantes du vote CGT (+ 43 %) et l’obtention d’un poste d’élu chez les professeur·es certifiés, une première dans l’académie, malgré la répression syndicale qui s’est abattue sur notre camarade Marie Paule Savajol.

Dans la fonction publique territoriale, le scrutin des comités techniques place la CGT au deuxième rang derrière la CFDT avec 27,05 % mais progresse de 3,65 % par rapport à 2014.

Il s’agit de la plus forte progression parmi les organisations syndicales sur le département du Loir et Cher.

Dans les services où la CGT n’est pas présente, l’organisation d’un travail régulier de parrainage au plus près de spécificités des métiers doit permettre d’implanter la CGT.

Il faut noter qu’au sein de la communauté de communes Beauce Val de Loire, l’objectif inavoué des élu·es communaux de noyer la représentation CGT en fusionnant Mer dans la Communauté plus favorable à la CFDT a échoué. En effet, par leur engagement, les camarades ont gagné la bataille de la participation en constituant une liste supplémentaire au comité technique.

 

Macron, une ambition : saigner la fonction publique

De la privatisation de certaines missions à la mise en place d’un système managérial copié sur le privé, la casse des statuts de la fonction publique avec la fin du recrutement par concours ou encore en vidant les instances de représentation du personnel de leurs prérogatives, la démolition du service public du travail et de l’emploi se poursuivent et s’accélèrent.

Ce démantèlement brutal se traduit en DIRECCTE par une saignée sans précèdent des services de la direction générale des entreprises : suppression de 75 % des effectifs en France (moins 15 postes sur 22 en région Centre, 300 sur 420 au plan national). Cette décision signe l’abandon de toute intervention publique dans le domaine du développement de l’emploi industrie (sauf pour les actionnaires : CICE et exonérations fiscales et sociales).

Du côté du ministère du travail, c’est la réduction des missions emploi des DIRECCTE aux seuls plans sociaux. Les missions de contrôle pourront être touchées puisqu’il est question d’externaliser certains contrôles « standardisés » pour mieux les centrer sur la lutte contre la fraude. C’est la suite logique des différentes contre-réformes du droit du travail (loi El Khomri, ordonnances Macron) qui font des entreprises les maitresses d’œuvre de la norme sociale.

Depuis le plan Sapin et particulièrement sous la DRH Pénicaud, le ministère du travail accumule les mesures visant à mettre au pas les agent·es de l’inspection du Travail : réforme de 2012, code de déontologie, déclaration de conflits d’intérêts, suppressions de sections.

Pénicaud, l’envoyée du MEDEF veut notre peau.

A l’heure où nos collègues du ministère de l’économie ne savent pas encore où ils travailleront l’année prochaine et quelles seront leurs fonctions, rappelons les droits qui sont les nôtres et défendons nos missions de service public ainsi que notre statut au service des usager·es.

Pourtant, au moment où les dividendes explosent en France et dans le monde, il est possible et indispensable de mener une politique au service des travailleur·ses, de ceux et celles qui produisent les richesses dans et hors de l’emploi.

Ensemble pour nos revendications :

  • pas touche au statut !
  • maintien de la compétence de l’État sur toutes nos missions,
  • arrêt des suppressions de postes,
  • recrutement immédiat à hauteur de tous les postes vacants ou non-occupés par voie de concours.