Réforme de l’assurance chômage : les chômeurs à nouveau désignés coupables

En 2008, la réforme de Nicolas Sarkozy qui considérait les chômeurs, en bons boucs émissaires, comme responsables du chômage, refusant de travailler et profitant d’un système trop généreux, s’est traduit par de graves reculs en termes d’indemnisation et un flicage renforcé.

Aujourd’hui, considérant que les chômeurs sont responsables de leur situation, qu’ils n’ont qu’à accepter n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions de salaire, de mobilité, de précarité, etc., la réforme entreprise par Macron va encore plus loin.

En effet, la réforme présentée par la ministre du travail, au nom de pseudos avancées, s’attaque gravement aux droits des chômeurs, tout en réformant en profondeur notre système d’indemnisation du chômage.

Alors que c’était une des mesures phares de la campagne électorale, le fameux droit au chômage pour les démissionnaires va en fait être limité aux salariés, employés dans la même entreprise depuis au moins 5 ans, qui démissionneront pour un « réel » projet de reconversion ou de création d’entreprise ce qui représente une minorité.

Refusant toute idée de nouvelle cotisation pour financer le système, l’ouverture des droits pour les indépendants va se traduire par une allocation de 800 euros pendant 6 mois pour les auto-entrepreneurs, artisans, les commerçants ou agriculteurs, dont le bénéfice annuel était de 10 000 euros et qui se retrouvent en liquidation judiciaire.

Mais au nom de ces mesurettes qui concernent une minorité, c’est la mise en œuvre de graves reculs et d’un flicage renforcé pour tous les chômeurs, considérés comme des fraudeurs et des fainéants.

Ainsi, va se mette en place un « journal de bord » obligatoire, où chaque chômeur, indemnisé ou non, devra faire la preuve de recherches effectives d’emploi sous peine de sanctions.

L’offre raisonnable d’emploi, initiée par Sarkozy, est renforcée sous forme d’un contrat entre Pôle emploi et le chômeur. Par cette disposition, le gouvernement réaffirme sa volonté d’obliger les chômeurs d’accepter n’importe quelle offre d’emploi, dans n’importe quelle condition.

Par exemple, le technicien qui travaillait chez Philipps-Eclairage à Lamotte Beuvron, avec un salaire de 2000 € net par mois, dont l’entreprise a été fermée par le groupe pour aller faire 25 % de marge de plus dans les pays de l’Est, qui refusera un contrat de 25 heures par semaine, au SMIC, pour aller s’occuper des personnes âgées à domicile dans le cadre des Services à la personne, pourra être sanctionné, suspendu ou même carrément radié.

Le pouvoir de prononcer les radiations passe de la Direction Régionale du Ministère du Travail à Pôle emploi qui devient ainsi juge, juré et bourreau !

Quant aux sanctions, elles vont être nettement durcies avec une graduation, allant de un mois jusqu’à la radiation. Avec des sanctions renforcées et des radiations facilitées, le gouvernement affiche clairement sa volonté de contraindre les chômeurs à accepter n’importe quoi, notamment les mini-jobs à l’Allemande, sur fond de culpabilité et de sanctions.

Dans cet objectif, le gouvernement prévoit d’augmenter le nombre de contrôleurs de Pôle emploi qui passerait de 200 en 2018 à 600 en 2019 puis 1000 en 2020.

Plutôt que d’accroitre le flicage des chômeurs, le gouvernement ferait mieux d’augmenter les effectifs des finances publiques pour contrôler les copains milliardaires ou multimilliardaires de Macron qui organisent l’évasion fiscale dont le montant est évalué à 70 milliards d’euros chaque année. Ainsi, pour faire baisser les chiffres du chômage, Macron a décidé de combattre les chômeurs.

Dans le même temps, la suppression de la cotisation salariale, conjuguée à la modification de la cotisation patronale, fait passer notre système de protection sociale d’indemnisation du chômage, basé sur des droits, à un système de charité publique, financé par l’impôt, légitimant la logique de culpabilisation et de sanctions contre les privés d’emploi.

Alors que déjà seulement 42 % des chômeurs sont indemnisés, il est inacceptable que les chômeurs victimes du saccage de l’emploi stable et qualifié par les stratégies de délocalisation, de fermetures d’entreprises par les grands groupes, et de la réduction des effectifs dans les services publics mis en œuvre par les gouvernements successifs, subissent une double peine.

Il est indispensable d’agir ensemble, salariés et privés d’emploi, pour renforcer notre système d’indemnisation du chômage et gagner le développement de l’emploi stable et qualifié à temps plein par la réindustrialisation de notre département et le renforcement des services publics.

 

Matra la lutte continue

A l’endroit exact où Léonard de Vinci, en 1517 ,voulait poser la première pierre de la cité idéale et faire de Romorantin la capitale du royaume de François 1er, trois cent ans plus tard, fut érigée par trois frères, une usine de filatures.

Les filatures Normant connurent aussi de grands mouvements sociaux, notamment pendant l’été 1911 où les salariés se révoltèrent contre un contremaitre, Landard. Cette usine fut liquidée à la fin des années soixante sous prétexte d’une grave crise dans le textile.

Au début des années 70, un passionné de course automobile y installa une petite unité de fabrication de voiture sportive.

JL Lagardère, fabriquant de missiles et autres armes de guerre, décide de redorer le blason de son groupe et investit dans l’entreprise.

En 20 années, le groupe Matra automobile devient le 4ème constructeur de France.

La collaboration s’étend de Simca à Chrysler et de Peugeot à Renault. Au départ les fabrications sont limitées à la production de véhicules sportifs puis élargit sa gamme à des véhicules grands publics.

Les sites de Theillay et Romorantin connaissent un accroissement de charge de leurs activités industrielles.

De nouvelles techniques de fabrication sont très vite développées avec l’arrivée de matières composites issues de l’aéronautique et de l’aérospatial.

Les premières batailles syndicales ont lieu sur les conditions de recrutement, les conditions de travail et de sécurité. La santé des travailleurs est une des préoccupations majeures pour la CGT. Les opérateurs sont exposés à des produits nocifs et très volatiles lors de la fabrication des carrosseries, des ponçages et des peintures des véhicules. Ces tâches sont exécutées dans des conditions déplorables et inacceptables. Malgré les divisions syndicales organisées part la direction, de nombreuses actions collectives sont menées par la CGT.

Au début des années 80, Lagardère décide de mettre fin à sa collaboration dans la branche automobile : la C.G.T. s’engage seule pour le développement et le maintien de l’emploi et de la production sur les sites de Theillay et Romorantin.

Malgré les pressions des représentants de l’Etat, des politiciens et du grand capital, les luttes et les positions soutenues et portées par nos camarades CGT Matra portent leurs fruits. La fabrication de l’Espace Renault se fera à Romorantin. Le succès du monospace permet aux sites de production de passer à Romorantin de 700 salariés à 2300 et à Theillay de 250 à 500 salariés.

La CGT organise une fois de plus la lutte contre la précarité des travailleurs, jeune pour la plupart d’entre eux. La lutte porte pour que les C.D.D. deviennent des C.D.I. 1000 salariés précaires obtiendront leur C.D.I grâce à la détermination des camarades.

Les ventes de l’Espace explosent et permettent à Renault et Matra de se partager 6 milliards de francs.

Le groupe Lagardère décide dès le début des années 2000 de se recentrer sur des activités plus lucratives, à savoir l’armement et les médias.

Ses dirigeants manœuvrent pour inciter les salariés, avec la complicité de syndicats complaisants, à des négociations transactionnelles avant l’arrêt définitif de la production industrielle et les licenciements de 1600 salariés, ce qui entrainera la mise au chômage de plus de dix milles personnes dans les métiers de la sous-traitance et des emplois induits.

La CFDT, la CFTC et le SLI ont œuvré avec la complicité des dirigeants à une propagande idéologique pour encourager les salariés au départ volontaire :700 salariés partirons avec une enveloppe financière.

En 2003, le groupe Lagardère met la clé sous la porte avec ses mêmes complices, l’Europe, l’Etat et les élus politiques de tous bords à coup de millions d’euros condamnant un bassin de vie et d’emplois

« mettre en œuvre un plan de sauvegarde exemplaire » (Lagardère 27/02/03) c’était l’une des promesses du groupe.

En 2008, 86 salariés de Matra Venture Composites attaquent Lagardère et obtiennent 23000 euros en cassation.

Le 24/02/11, un ex salarié de Matra, avec le soutien de la CGT obtient de la Cour d’appel d’Orléans la condamnation de Lagardère pour non respect des procédures de  reclassement lors de son licenciement.

En 2013, l’Union Locale des syndicats C.G.T de Romorantin rassemble presque 500 ex salariés de Matra pour les inciter à engager une procédure contre le groupe Lagardère pour non respect des procédures de licenciement. 360 d’entre eux déposeront au tribunal des prud’hommes de Blois un dossier. Le jugement sera effectué à Romorantin. La cour des prud’hommes condamnera Lagardère.

En septembre 2015 la cour d’appel déboutera les salariés. Début 2016 la cour de cassation est saisie par les salariés et en octobre 2017 elle déboute Lagardère. A ce jour nous ne savons pas si Lagardère fera appel.

Sources : archives UL CGT de Romorantin et Comité Régional CGT Centre Val de Loire.

 

Dossier réindustrialisation et développement des services publics

Halte à la casse de l’emploi !

Depuis des années, les différents gouvernements au pouvoir, quelle que soit leur couleur politique, relais du patronat et à grands renforts de campagnes médiatiques, nous serinent qu’il faut refonder le monde du travail pour que nos entreprises soient compétitives dans une économie mondialisée… Et qu’il faut moderniser nos services publics pour les rendre rentables et attractifs pour satisfaire aux desiderata des grands groupes et de l’Union Européenne.

Selon ces mêmes tenants du capitalisme, pas d’issue possible sans livrer le tout à la libre concurrence et sans une baisse drastique du fameux « coût du travail », seule entrave au développement de l’industrie en France. En cause principalement selon eux, notre modèle social éculé et son principe de cotisations sociales (surtout celles patronales notez bien !) et des principes trop protecteurs comme le CDI ou le statut de la Fonction Publique, qui ne laisseraient pas assez de libertés au patronat pour gérer ses affaires comme il l’entend !

Alors depuis des décennies, les gouvernements font tout pour détricoter notre modèle social issu des luttes, pour détruire les acquis des salariés et des retraités, et mettent ainsi en place des exonérations de cotisations sociales patronales, des allègements d’impôts, des lois qui flexibilisent toujours plus le travail en détruisant petit à petit le code du travail, réduisent les droits des salariés à se défendre contre les procédés iniques du patronat. En parallèle, ce sont toujours plus de cadeaux fiscaux pour les entreprises… Sans remonter à des lustres, on peut ainsi citer le pacte de responsabilité, le CICE (qui faute de développer l’emploi à servi à augmenter les dividendes des actionnaires), les lois Macron – Rebsamen – El Khomri. La liste des attaques contre de monde du travail est trop longue à énumérer de manière exhaustive. Toutes étaient faites au nom de la compétitivité des entreprises et au prétexte d’enfin libérer l’emploi en France pour réduire le chômage.

Qui n’a pas encore en mémoire le pin’s de Gattaz qui promettait 1 million d’emplois créés sous le quinquennat Hollande ?

Et pourtant, faisons le point sur tous ces prétendus bienfaits pour l’industrie en Loir et Cher. En reprenant une étude basée sur les données de l’Acoss1, entre 2008 et 2015 notre département a perdu plus de 5 % d’emplois privés salariés. Bien que le Loir et Cher soit un département où l’industrie reste forte en pourcentage (plus d’un quart des emplois) au regard du reste de la région et plus encore de la France, ce sont plus de 20 000 emplois dans l’industrie qui ont disparus durant la même période.

Est-ce une réelle surprise avec la fermeture de l’usine MATRA en 2003 ? Et plus récemment, les plans de départs volontaires chez Delphi, la fermeture de Germanaud et celle programmée de Philips dans quelques semaines ?

De plus, les entreprises externalisent de nombreux emplois de services qui étaient jusqu’alors intégrés dans les emplois industriels. En bref, ce sont les secteurs de la construction et de la métallurgie (dans le Loir et Cher, l’équipement automobile et les autres équipements électriques) qui ont connu les soldes négatifs d’emploi les plus importants.

De plus, dans le département les salariés soumis à la précarité sont de plus en plus nombreux : plus de 5 % d’intérimaires alors que le chiffre de la France est à 3,6 %. Et si le nombre de privés d’emploi n’ayant pas travaillé est resté stable entre 1996 et 2015, ceux appartenant aux catégories B et C sont passés de 25 à 42 % portant ainsi le nombre de demandeurs d’emploi à plus de 26 000.

Dans la Fonction Publique, les restructurations, fusions de services et d’établissements ont conduit à la destruction de postes, notamment statutaires. C’est une véritable remise en cause des services publics de proximité qui est à l’œuvre au nom de la « réduction de la dette publique ». Pour la population cela signifie une réduction de l’offre de formation, la fermeture de classes, la disparition de bureaux de poste, la hausse de la médecine ambulatoire et la fermeture de lits d’hôpitaux, un moindre accès aux administrations de l’Etat. Pour ne prendre qu’un seul exemple récent, la loi Touraine pour la santé et la mise en place des GHT entrainent des fusions de services, le recentrage sur les grands centres hospitaliers et annoncent encore des suppressions d’emplois.

Une seule conclusion s’impose : ce sont les politiques mises en œuvre au nom du profit qui sont néfastes à  l’industrie et au travail et non les droits des salariés et notre système de protection sociale. Pour la CGT, la reconquête industrielle doit être une priorité des politiques publiques nécessitant des ambitions claires avec des engagements et des moyens à la hauteur pour réindustrialiser, remailler le territoire avec la reconquête des services publics de proximité.

1 Organisme qui gère la trésorerie de chacune des branches de la Sécurité sociale et pilote le réseau des Urssaf (donc l’ensemble des cotisants du secteur concurrentiel qui comprend tous les secteurs d’activité économique sauf les administrations publiques, l’éducation non marchande (établissements d’enseignement relevant de l’Etat ou des collectivités locales), la santé non marchande et l’emploi par les ménages de salariés à domicile).

Réindustrialisons le territoire !

Depuis des décennies l’industrie connait un déclin important avec des licenciements, des fermetures, des  délocalisations, malgré  les millions d’euros déversés aux entreprises sous forme d’aides ou d’allègement fiscal sans aucun contrôle ou contrainte imposés en échange. La France a besoin d’une industrie forte, moderne, répondant aux besoins de tous.

La production industrielle atteint dans l’hexagone à peine 10 % du produit intérieur brut (PIB) contre 16 % pour la zone euro et 22 % en Allemagne.

Le nombre des emplois industriels a reculé en 15 ans de 25 % ce qui représente à peu près 3 millions de salariés et la France importe 60 % de ses produits industriels.

Pourtant le gouvernement s’était engagé dès le début du quinquennat à mettre en place une politique de réindustrialisation en nommant un ministre du redressement productif qui tout au long de son mandat n’a fait qu’accompagner les licenciements et les fermetures de sites entrainant dans ces catastrophes humaines la disparition des services publics et l’exode des travailleurs les plus jeunes.

Quand on ferme des usines, on ferme aussi des gares, des trésoreries, des classes dans les écoles  et quand on ferme des services publics on risque de voir fermer les usines.

La Confédération Générale du Travail a toujours  dénoncé par ses actions la dégradation des services rendus aux usagers et qui menace également l’équilibre industriel de nos régions.

Il faut changer  les orientations politiques qui ne visent qu’un seul objectif : nourrir les intérêts du capital ; et faire cesser la duplicité de certains élus qui votent au national la casse des services publics et se plaignent dans leurs territoires de la disparition de ceux-ci.

En créant des déserts industriels, ces politiques ankylosent et déshumanisent des territoires qui perdent en attractivité et dans lesquels les entreprises et les jeunes ne s’installent plus.

En exemple, la Région Centre est dotée de nombreuses PME-PMI sous-traitantes de l’automobile qui emploie 30000 salariés, avec des savoir-faire et des brevets industriels reconnus, mais plus aucun véhicule n’est produit dans la région depuis la fermeture de Matra en 2003.

Des possibilités de réindustrialisation sont possibles dans ce secteur, non seulement sur l’assemblage des automobiles mais aussi sur la recherche et le développement, notamment sur les véhicules à énergie nouvelle comme l’hydrogène ou la combinaison de l’électrique et de l’hydrogène.

Ce qui entraînerait la création de sites de production d’hydrogène mais aussi de stockage et de distribution.

Des synergies entre les entreprises du Loir et Cher sont possibles et même indispensable pour non seulement préserver l’emploi mais en créer de nouveaux.

Dans notre département des grands groupes en ont décidé autrement  (Matra, Valeo, Delphi, Faurecia, Philips,) ce qui s’est traduit par des délocalisations, des restructurations, des licenciements et autres fermetures d’usines.

En quinze années ce sont 15000 emplois en C.D.I. qui ont disparu et si on rajoute les milliers de C.D.D. et autres intérimaires, qui ont détruits nos bassins d’emplois de Vendôme, de Blois et de Romorantin au nom de la rentabilité financière et du cout du travail.

Les causes de ce déclin, la CGT les a identifiées et dénoncées depuis plusieurs années  :

  • La prépondérance donnée à la financiarisation de la gestion des entreprises industrielles depuis 40 ans.
  • Les choix politiques et économiques des gouvernements successifs, l’austérité, la recherche coûte que coûte de la baisse du « coût du travail » qui entraine inexorablement les délocalisations et l’externalisation des activités.
  • Le dumping social, fiscal et environnemental ainsi que le détournement des richesses créées par les travailleurs, vers des actionnaires sans scrupule, au détriment des investissements d’outils productifs, de la recherche et du développement, ainsi que la qualification des travailleurs et du renouvellement de leur savoir-faire.

Pour la CGT, le développement de l’industrie est inséparable de nouveaux droits pour les salariés.

Le droit d’intervention des salariés, dans l’ensemble des secteurs économiques, salariés qui doivent bénéficier d’une représentation effective et collective, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Pour cela il faut impérativement combattre et abroger la loi travail, Macron et Rebsamen.

Plus que jamais la CGT poursuit l’objectif de la relocalisation de l’industrie, le réinvestissement dans l’outil productif, le développement des circuits courts, en lien avec le remaillage de services publics forts sur nos territoires.

Réforme territoriale : exigeons des débats publics et la consultation des citoyens

Sous l’impulsion de l’UE, les gouvernements ont engagé des réformes structurantes de l’organisation et du champ de l’action publique, à coups de vraie/fausse décentralisation, transfert de compétences, entrainant une mutation du rôle et des prérogatives publiques nationales et locales.

Avec la loi NOTRe c’est une nouvelle accélération de la casse de l’architecture territoriale, issue de la révolution française, de la démocratie locale avec des bouleversements, tant pour les salariés que pour les citoyens. Fusions de communes, de communautés, transferts de compétences, de missions, transferts de personnel sont autant de conséquences.

Après les différentes phases de « décentralisation », cette loi c’est la construction des grandes régions qui avance, bras armé de la mise en place de la politique de l’Union Économique et Monétaire Européenne et du capital, qui entérine, à terme, la liquidation des communes et des départements au profit des communautés de communes et d’Agglomérations, la mise en place de métropoles dans de grandes régions fondées sur la mise en concurrence des populations et des territoires.

C’est toute la démocratie locale, la place et la cohérence de la politique de l’Etat, de la souveraineté populaire des citoyens, leur capacité à décider et à s’autodéterminer là où ils vivent qui sont balayées.

Depuis le 01/01/2017, le département est passé à 276 communes avec la création de 5 nouvelles communes nées de fusions : Oucques la Nouvelle (Oucques, Baigneux, Beauvilliers, Sainte Gemme) ; Valencisse (Molineuf, Orchaise et Chambon sur Cisse) ; Valloire sur Cisse (Coulanges, Chouzy sur Cisse et Seillac) ; Veuzain sur Loire (Veuves et Onzain) ; Beauce la Romaine ( Membrolles, Prenouvellon, Verdes, Ouzouer-le-Marché, Tripleville, La Colombe, Somerville).

Ces fusions ne sont qu’une tentative désespérée pour les communes de posséder des missions et prérogatives structurantes pour la vie de leurs concitoyens, d’exister dans les communautés de communes ou d’Agglomération.

Du côté des communautés de communes, 2016 a vu naître la communauté de communes Beauce Val de Loire qui regroupe la communauté de communes Beauce et Forêt avec celle de Beauce Ligérienne. Elle regroupe désormais 21 communes pour environ 21000 habitants.

Le Schéma Départemental de Coopération Intercommunal prévoyait une fusion des 3 communautés de communes Val-de-Cher-Controis, Cher à la Loire et celle du Romorantinais Monestois. Les élus avaient demandé à bénéficier d’un délai dérogatoire jusqu’en 2019. Mais comme la communauté de communes Cher à la Loire avait une population inférieure à 15 000 habitants, seuil fixé par la loi NOTRe pour rester seule, elle a été obligé de fusionner avec celle de Val-de-cher-Controis pour former la communauté de communes du Val-de-Cher-Controis (37 communes et environ 48000 habitants).

Ces créations fusions s’accompagnent de nouvelles compétences. Ainsi, les transferts prévus par la loi NOTRe pour les communautés de communes et d’Agglomération sont pour celles existant avant la loi NOTRe : développement économique ( Zone Activité Économique, actions de développement économique, politique locale du commerce et soutien aux activités commerciales d’intérêt communautaire, promotion du tourisme, dont la création d’office du tourisme) ; collecte et traitement des déchets ménagers ; aire d’accueil des gens du voyage ; maisons de services publics. Pour celles créées après la publication de la loi NOTRe viennent se rajouter l’assainissement et l’Eau.

Les compétences des départements sont également modifiées avec la suppression de la clause de compétence générale des départements et la redéfinition de leurs capacités d’intervention pour les « solidarités territoriales et humaines ». Cette action concerne notamment l’enfance, les personnes handicapées, les personnes âgées, les prestations légales d’aides sociales (gestion du RSA). Le département assure la construction, l’entretien et l’équipement des collèges, la gestion des agents techniciens, d’ouvriers de services. L’une des évolutions notables est la création des « maisons de services au public ».

Au nom de l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services en milieu rural et urbain, ces maisons de services au public seront l’occasion pour l’Etat et les collectivités territoriales de se désengager des missions de services publics et la porte d’entrée pour les offrir aux appétits financiers des groupes privés.

Les missions des régions évoluent aussi comme en matière économique et d’emploi qui devient une compétence exclusive ou encore le transport scolaire qui passe du département à la région.

Cette situation entraine des bouleversements pour les salariés des collectivités avec transferts d’employeurs, mobilité forcée, suppressions des postes « doublons », changement de métier, etc.

Mais cela entraine également des modifications, des dégradations de l’accès à des services publics de qualité pour les populations.

C‘est aussi la sécurité civile qui est touchée, avec le déclassement des Centres de secours, comme celui de St Aignan sur Cher, qui commence à susciter des réactions de la part de certains élus et de la population.

Il est temps de stopper cette restructuration institutionnelle qui affaiblit le pouvoir de l’État, met en cause notre République unitaire, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, confisque la démocratie locale, pour nous faire sombrer dans une jungle interrégionale dans laquelle les salariés seraient soumis à une concurrence économique et sociale sans fin.

S’il est indispensable que les agents des collectivités s’organisent, se battent pour leur statut, leurs conditions de travail, les missions de service public, etc. il est tout aussi indispensable que les salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, qui composent l’immense majorité de la population, fassent entendre leur opposition à cette restructuration de la société française.

Conception des Services Publics en Loir et Cher

Le statut général des fonctionnaires vient de fêter ses 70 ans (5 millions de fonctionnaires). Nous devons affronter la mise en place du PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations), du RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel) et du pacte de responsabilité, derrière lequel nos employeurs publics s’abritent pour expliquer leurs choix budgétaires.

Imaginez notre quotidien sans service public. C’est le cas des bureaux de poste qui ferment les uns après les autres, comme aux Cornillettes à Blois et à St Aignan.

Début décembre 2016 a eu lieu une journée de mobilisation pour la défense de la Fonction Publique. Une conférence de presse s’est tenue à l’Union Départementale, qui a rappelé qu’un service public ne doit pas être rentable. On entend que les fonctionnaires sont les responsables de la faillite de la France. Dans certains secteurs de la fonction publique, les 35h n’existent pas. La polyvalence est très sollicitée, les fiches de postes évoluent et les agents doivent de plus en plus s’adapter. C’est le cas notamment pour les ATSEM (Agent spécialisé des écoles maternelles) qui étaient en grève le 14/12/16 puis le 01/02/2017. Certains fonctionnaires titulaires de catégorie C à temps plein sont obligés de demander la prime d’activité en complément de leur traitement mensuel (environ 30 à 45€), par exemple les aides à domicile.

Les hôpitaux doivent faire face à la désertification médicale. La population du Loir et Cher a augmenté de 5.1 % et le nombre de médecins régresse, ce qui engorge les urgences. Les agents hospitaliers sont souvent rappelés pendant leurs congés, les heures supplémentaires et la récupération explosent.

Une CSD (Coordination syndicale départementale)  vient de se reconstruire provisoirement, en février 2017, pour aider les syndicats et faire un point régulier dans les différentes collectivités.

A Blois, c’est la suppression du service municipal crèche familiale. Un service d’accueil où les assistantes maternelles sont directement employées par la Ville et accueillent les enfants à leur domicile. La tendance nationale est à la substitution de ce type de structure par le développement des Relais d’Assistantes Maternelles (RAM). En Novembre 2016 les élus ont pris la décision de supprimer ce service. Si les demandes de reclassement ne sont pas possibles pour toutes, 14 assistantes maternelles vont être licenciées.

Les policiers de Blois sont très sollicités, c’est un service qui recrute mais qui peine à trouver preneur. La rémunération n’est pas à la hauteur des risques encourus.

Les services sociaux  doivent faire face à une arrivée massive des demandeurs d’asile depuis janvier 2016, des associations devaient se créer mais elles n’ont pas encore vu le jour. Cela désorganise les services qui saturent. Les demandes de RSA explosent sur le Loir et Cher et nous retrouvons de plus en plus de personnes diplômées qui le demande.

Délégation de service public : de l’eau publique coule désormais au robinet de Blois et de l’agglo. Ce n’est plus VEOLIA mais un service du cycle de l’eau mutualisé entre Blois et Agglopolys. Ce changement a créé des postes mais des contrats privés de droit Public. Des collègues d’un même bureau ne sont pas rémunérés de la même façon, n’ont pas les mêmes avantages et jours de congés.

Attention : maison du service public, ce n’est pas du service public ! Depuis  janvier 2017, la poste d’Ouzouer-Le-Marché accueille la 1ère de Loir et Cher. Le but est de regrouper en un seul, divers services comme La Poste, Pôle Emploi, la CAF, la MSA ou encore GrDF. De plus en plus de démarches administratives sur internet, les usagers pourront y trouver un îlot numérique mis à disposition gratuitement. D’après le Député Maurice Leroy, le but est de promouvoir un service public de proximité.

L’UD CGT revendique au contraire le maintien et surtout le développement des services publics de proximité pour répondre aux besoins sociaux de la population. Cela passe par la défense et l’extension du statut de la fonction publique, la renationalisation des services publics livrés aux appétits des actionnaires des grands groupes privés.

 

 

 

 

 

Non à la fermeture du bureau de poste des cornillettes à Blois !

Nous nous opposons à la transformation des bureaux de poste en relais poste ou en agence postale. Nous revendiquons un service public de proximité au service des usagers.

C’est pourquoi nous nous sommes rassemblés les 19 et le 26 janvier 2017, syndicats et usagers, pour combattre la fermeture du bureau de Poste des Cornillettes à Blois.

Lors de ces rassemblements, nous avons fait signer des pétitions et nous avons été bien accueillis par les usagers qui ont montré beaucoup d’intérêts à nos propos et arguments.

En effet la Poste ne peut s’exonérer de sa responsabilité dans le cadre du lien social des Français dans les territoires, de sa responsabilité de service public pour tous en tout point du territoire et de sa responsabilité économique dans sa politique mortifère, destructrice d’emplois et de droits sociaux.

Nous condamnons cette stratégie qui consiste à faire de la rentabilité à tous crins, en lieu et place d’un service de qualité au plus près des utilisateurs. Alors que d’autres choix sont possibles, la solution de la gestion financière est préférée. La place d’une entreprise telle que La Poste n’est-elle pas de concourir au bien-être de tous et toutes et de participer à la richesse de la nation ?

La Poste préfère développer à marche forcée la banque et la téléphonie mobile. Alors qu’il faut développer une offre de service pour tous, en particulier envers les plus modestes, nos aînés et les personnes fragiles.

Alors que la Poste a les moyens de le financer, elle a fait en 2015 un bénéfice de 975 millions d’euros (hausse exceptionnelle de 33 %) et l’Etat lui a versé en trois ans 315 millions d’euros de CICE, elle préfère supprimer des bureaux de postes et les postes qualifiés de Postiers qui sont à même d’y répondre.

Quel intérêt de privilégier La Banque Postale « une banque comme les autres », de plus en plus chère, de moins en moins accessible et de plus en plus éloignée de ses usagers ?

La situation sociale de l’entreprise n’est pas au beau fixe. Les mauvaises conditions de travail, la surcharge de travail, le stress lié aux objectifs, les pressions managériales sont le quotidien de nos collègues dans les services. Cela a pour conséquence de l’absentéisme pour maladie non remplacé, la fermeture ponctuelle des bureaux, des incivilités et de la Non-qualité.

Il est urgent que La Poste prenne en considération les demandes des salariés, des usagers et des élus pour recréer du service public, en tout point du territoire. Il ne lui est pas interdit d’innover, véritablement, pour fournir le service que les usagers attendent, de par ces nouveaux usages que sont internet et les nouvelles technologies en général.

 

Germanaud, des travailleurs pas de la viande

Depuis des années, Les salariés de l’entreprise GERMANAUD se battent pour préserver leurs emplois et une activité agroalimentaire de qualité dans un département durement frappé par la casse industrielle accompagnée par les pouvoirs publics. Les mêmes pouvoirs publics qui aujourd’hui fustigent les luttes sociales et affichent leur haine des travailleurs en lutte pour leur dignité et contre la loi Travail.

En grève depuis plusieurs semaines pour défendre leurs droits, les salariés dans l’unité d’action ne veulent pas être considérés comme des marchandises par le groupe TURENNE LAFAYETTE.

Ce groupe est un prédateur dans le secteur agroalimentaire et met en œuvre à Blois comme ailleurs (Bretagne, Tarn etc.) sa stratégie de casse industrielle par l’abandon de productions au service du profit maximum.

Economiquement et socialement rien ne justifie la fermeture du site de Blois, le rapport de l’expert du Comité d’entreprise fait la démonstration de la rentabilité de l’usine. Au prix de leur santé et de leur sécurité, les salariés ont permis de préserver une activité pendant des années en dépit de l’absence des investissements nécessaires au développement du site.

Les salariés ont fait des propositions pour continuer à produire des jambons de qualité et de prestige à Blois. Il y a un mois, le groupe TURENNE LAFAYETTE a accueilli la délégation syndicale, venue au siège de l’entreprise présenter ses propositions alternatives, par une dizaine de policiers en tenue d’assaut, casques sous le bras, en plus des trois vigiles mandatés par la direction.

C’est la démonstration que ce qui effraie le capital c’est le mouvement social en lutte pas les casseurs. Etat d’urgence ou pas, le gouvernement n’a pas hésité à prêter main forte au capital privé pour sécuriser ses profits.

La décision collective des salariés de bloquer le site pour protéger l’outil de travail et instaurer un rapport de force a soudé les travailleurs et a entamé l’assurance et le mépris d’un groupe financier qui a racheté GERMANAUD pour mieux le dépecer.

Le combat des GERMANAUD illustre le conflit du travail contre le capital parasitaire qui ne produit rien d’autre que du chômage et de la misère. Les GERMANAUD, eux, produisent des jambons pour l’ensemble de la population et de la fraternité pour préserver leurs droits et la dignité de tous les salariés en lutte.

Seule la lutte paie, les GERMANAUD ne le savent que trop bien. Une lutte qui force le respect et donne lieu à de nombreux soutiens au-delà des militants syndicaux.

Soyons à la hauteur du combat de nos camarades et soutenons-les matériellement, financièrement et par notre présence à leurs côtés maintenant et sans réserve.

 

 

Le 9 avril en lutte

Le 9 avril 2015, les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires ont appelé les salariés du privé et du public à faire grève et à manifester avec les chômeurs et les retraités pour augmenter les salaires, les retraites et minima sociaux, développer le travail stable qualifié par la relocalisation des productions, promouvoir les services publics à la hauteur des besoins des populations et reconquérir une sécurité sociale universelle et solidaire.
Pour faire aboutir ces revendications les quatre syndicats appellent à lutter contre l’austérité et ses impacts destructeurs tant socialement et économiquement que démocratiquement. Dans le collimateur de ces quatre organisations syndicales sont particulièrement visés le « pacte de responsabilité », la loi dite de sécurisation de l’emploi issue de l’ANI du 11 janvier 2013, la réforme territoriale, la loi libérale « Macron », la loi sur le dialogue social, la loi santé…
Près de 300 000 manifestants en France dont plus de 1800 en Loir et Cher (150 à Romorantin, 200 à Vendôme et 1500 à Blois) ont battu l’asphalte contre l’austérité qu’ils subissent au travers d’une régression de leurs conditions de travail et de vie : gel ou réduction de salaire, recul de leurs droits au travail et dans le travail, restrictions des couvertures sociales et de l’accès aux soins, suppressions de services publics et diminutions de la réponse aux besoins fondamentaux pour tous.
Ensemble dans leur diversité, ils ont contesté la politique libérale du gouvernement répondant aux injonctions de « libre entreprise et de libre concurrence non faussées » dictées par le patronat et le monde de la finance pour livrer à la marchandisation tous les biens et services de domaines relevant exclusivement de l’intérêt commun.
Ils ont dénoncé les politiques publiques scandaleuses au nom de l’employabilité, de déversement d’aides financières publiques aux intérêts capitalistes des grands groupes industriels dont sont victimes les salariés de Mory, Faurécia, Philips, Acial, HPI-JTEKT, Nacam, ARM et bien d’autres…
La CGT impulse à créer une dynamique revendicative dans tous les lieux de travail en convergence d’intérêt pour une transformation sociale participant à changer de société.