Prise de parole UD CGT – 21 septembre 2017

 

Chers amis, chers camarades,

Le 12 septembre dernier, près de 500 000 « fainéants, cyniques, et autres extrémistes » ont manifesté dans toute la France pour s’opposer aux ordonnances Macron. En Loir et Cher, celles et ceux qui « détestent les réformes » ont été plus de 2000 à manifester à Blois, Romorantin et Vendôme et ont entièrement raison lorsque qu’on regarde le contenu de ces ordonnances. Nous détestons les reformes et Macron méprise et déteste ceux qui ne partagent pas ses idées. Macron déteste une partie du peuple. Macron ne supporte que sa classe sociale, celle des riches et des puissants, de la bourgeoisie.

Macron ne veut pas reformer un certain système, il veut, je le cite « transformer la société« . D’ailleurs son programme et maintenant les annonces vont dans ce sens :

  • refonte du code et des règles au travail, transformation en profondeur du financement de l’assurance maladie et du chômage par les cotisations, le salaire, le travail en le substituant par l’impôt avec la CSG,
  • mise à mort de tous les statuts des travailleurs en commençant par celui des cheminots,
  • baisse des retraites et pensions, refonte de l’éducation nationale, du système de santé, des collectivités territoriales, de la politique culturelle, privatisation de certains secteurs pour en tirer de la rentabilité et encore plus de centralisation régionale.

Macron dit : « la maladie et le chômage ne sont en effet plus des risques personnels sur lesquels on s’assure par la cotisation sur le travail, ce qui était la base du contrat de 1945. Ce sont des risques sociétaux qui ne justifient pas la solidarité nationale. Il faut donc les financer par l’impôt, la CSG, et non par des cotisations sur le travail« . Voilà sa vision du financement et de l’indemnisation de la perte d’une partie de sa santé ou de son travail. Évidemment pour cette caste, le chômage ou la maladie seraient liés aux autres, aux contribuables, à son voisin, et non plus au patronat, aux décideurs, aux exploiteurs.

Le projet GATTAZ/MACRON est un réel projet de société au service du capital, de la propriété lucrative, de la mondialisation. Notre appartenance à l’Union Economique et Monétaire Européenne, l’économie mondialisée, enferment les salariés, les retraités, les chômeurs, la jeunesse dans une spirale de reculs sociaux, où ils devraient faire toujours plus de sacrifices pour que les possédants puissent accumuler toujours plus de richesses. Il n’y a qu’à regarder les sommes records distribuées en dividendes ces dernières années. Et c’est sans compter les richesses que se sont octroyés certains commerçants ou artisans sur les dos des salariés.

Le modèle patronat/gouvernement est simple : un peu du modèle social à l’allemande et surtout une grande part du modèle sociétal anglo-saxon à la sauce états-unienne, pour pouvoir licencier librement, passer de la Sécurité Sociale collective et solidaire à l’assuranciel individuel, de l’éducation nationale pour tous à l’éducation régionale pour les élites, de la santé publique à la santé privée, transformer les régimes de retraites par répartition en régime par points, faire de la région et des agglos les lieux de décisions privilégiés et incontournables, en lieu et place des départements et des communes.

Macron n’inverse pas la hiérarchie des normes que pour le monde du travail, il inverse les codes, les règles et les normes applicables à la quasi-totalité de la population.

Il s’attaque frontalement et ouvertement à tout ce qui a été conquis par les luttes des salariés depuis plus d’un siècle. Selon lui 36, 45 et 68 ne devraient être qu’un mauvais souvenir !

La priorité immédiate de Macron est la réforme du droit du travail par ordonnances. Si nous n’arrivons pas à le mettre en échec par la mobilisation, c’est la précarisation à outrance qui attend les salariés, les générations futures, donc la fin du contrat de travail comme nous le connaissons, même si déjà des milliers de salariés subissent la précarité, les CDD, l’Intérim, les contrats de projets, les emplois aidés.

C’est la légalisation de l’assouplissement du temps de travail qui pourra être aménagé au bon vouloir de l’employeur, la possibilité que ce dernier licencie des salariés par un simple formulaire CERFA sans avoir à motiver le licenciement.

C’est un accès plus difficile à la justice prud’homale et le plafonnement des dommages et intérêts alloués, et bien d’autres mesures de reculs sociaux.

D’ailleurs, si nous avons choisi, avec les autres organisations syndicales, de partir du centre administratif, en passant par le Conseil de Prud’hommes, ce n’est pas par hasard.

En effet, le centre administratif abrite les locaux de la DIRECCTE, déclinaison locale du ministère du travail, qui héberge les services de l’inspection du travail. La réforme Macron porte gravement atteinte à ses missions de renseignements aux salariés et de contrôle des entreprises. Il est en effet insupportable pour les patrons que des petits fonctionnaires puissent les contrôler à n’importe quel moment, sur le respect des règles en matière  de sécurité et de conditions de travail, de conformité des contrats de travail, du temps de travail et puissent même leur dresser des procès-verbaux.

Tout comme il est insupportable pour les patrons de pouvoir être condamnés, de surcroit par des juges salariés, par les conseils de prud’hommes.

Alors que la loi Macron, déjà lui, a déjà fortement complexifié en 2015 la procédure pour faire valoir ses droits, tout en liquidant au passage l’élection des juges par les salariés, avec les ordonnances, il serait encore plus compliqué de faire reconnaitre le caractère abusif d’un licenciement ou la requalification d’un CDD en CDI, par exemple, pour obtenir des indemnités plus faibles. C’est une incitation en règle pour tous les patrons à arnaquer les salariés en toute impunité.

La remise en cause de ces deux outils au service des salariés, conquête de décennies de luttes, illustre clairement la philosophie Macron/Gattaz en matière de droit du travail et de vision plus globale de la société.

En effet, au-delà des droits du travail, au bout du bout, ils veulent faire la peau au salaire, qu’il soit socialisé ou direct. Ils veulent appliquer en France ce qui s’est passé en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Irlande et en Grèce. Raboter les salaires, créer des « mini jobs », des contrats zéro heure ou à un euro, généraliser l’UBERisation du travail, faire la promotion de l’auto-entreprise avec des contrats commerciaux de main d’œuvre, faire accepter aux chômeurs n’importe quel boulot à des salaires indécents. C’est ça Macron/Gattaz !

Mais nous aussi nous voulons changer la société. Nous voulons le progrès social pour toute la classe ouvrière. Et pour ce faire nous avons des propositions. 32h par semaine pour tous payées 39h, réduction du temps de travail en revendiquant une 6e semaine de congés payés, l’augmentation du salaire horaire, du point d’indice, des pensions de retraites, des allocations chômages, pour pouvoir vivre et non plus survivre, un code du travail avec un statut qui protège réellement les salariés, plus de moyens pour les collectivités, la santé publique, l’éducation, un plan d’aménagement du territoire national et une politique publique industrielle, pour la réponse aux besoins des populations et un égal accès aux services publics.

Dans le prolongement de cette journée d’action, veille de la présentation des ordonnances en conseil des ministres, nous devons faire grandir le rapport de force pour être encore plus nombreux en grève, prendre les décisions avec les salariés pour occuper les entreprises afin de faire plier ce projet patronal. Nous sommes condamnés à réussir, le salariat doit se mobiliser en masse.

Comme dans d’autres périodes de notre histoire, c’est le développement des luttes revendicatives, sur chaque lieu de travail, leur mise en convergence qui permettra de créer le rapport de force capable de nous faire gagner.

Nous devons poursuivre le débat avec nos collègues, nos amis, notre famille afin d’amplifier la mobilisation, mettre en débat, dans chaque entreprise et service, la question de la grève et de sa reconduction, pour la satisfaction des revendications, en faisant le lien avec le rejet du projet de société Macron/Gatttaz.

Au plan national, les organisations syndicales se rencontrent aujourd’hui pour décider des suites de l’action interprofessionnelle.

D’ores et déjà, les fédérations CGT et FO transports, rejointes par endroits par la CFDT et la CFTC, appellent à un processus de grève reconductible à partir du 25 septembre.

Les fédérations CGT, FO et CFE/CGC chimie appellent à développer la mobilisation dans les entreprises de leur secteur.

La fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève du 25 septembre au 15 octobre.

L’ensemble des organisations syndicales de fonctionnaires appellent à une journée de mobilisation le 10 octobre prochain, qui, nous l’espérons, sera peut-être élargie à l’ensemble des salariés.

C’est bien l’addition des luttes cohérentes et convergentes qui permettra de gagner.

Le 28 septembre, les retraités manifesteront avec un rassemblement à 10h00 devant la préfecture à Blois. La participation des actifs est indispensable sur des revendications qui les concernent.

Dans notre région, nous devons également réussir la manifestation du 28 septembre à 15h00 à Orléans, où le 1er ministre viendra présenter au congrès de l’association des régions de France une énième réforme territoriale et une nouvelle cure d’austérité pour les collectivités locales.

Nous vous appelons à vous inscrire dès aujourd’hui pour prendre les bus qui partiront de Blois, Romorantin et Vendôme.

Nous ne pouvons accepter pour nous et les générations futures une société faite de misère et de précarité généralisée pour la grande majorité de la population que sont les salariés, pour plus de domination, de pouvoir et de fric pour une minorité de patrons et de financiers.

Par la grève, la mobilisation massive de tous les salariés, actifs, retraités et privés d’emploi, de la jeunesse, leur implication dans la vie syndicale en adhérant à la CGT, nous pouvons en finir avec ces politiques au service de la seule finance et du patronat. Nous pouvons gagner de nouveaux droits, reconquérir le progrès social.

Alors on lâche rien, jusqu’à la victoire !

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