Agir ensemble juin 2014

Dossier revendicatif : pacte de responsabilité SOMMAIRE P.1 : Edito P.2 : 3 Juin, les retraités manifestent ! P.2 : L’Union Européenne, outils de dictature du capital rejeté par les peuples ! P.3-4-5 : La Valls à trois temps ! Austérité, Paupérisation, Démocratie. P.6  : Oui, le 1er … Continuer la lecture

Pacte de responsabilité et paupérisation

Alors qu’en 2010, la France était dans la zone euro, le pays qui avait le moins souffert de la crise grâce à son système de protection sociale en contribuant de façon déterminante à éviter que la zone euro ne s’effondre, ce pacte avec le diable capitaliste nous conduit tout droit vers la fragilisation de la société et de la population française tout comme en Grèce, en Espagne et au Portugal.

Pour l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques), la croissance aurait pu reprendre en France pour les deux prochaines années. Mais ce redémarrage est contrarié par cette politique d’austérité qui, selon l’organisme, coûtera 0,9 point de croissance en 2014 et 0,7 point en 2015.

Après 6 années de crise, c’est le plus lent redémarrage économique de ces quarante dernières années. Il aura fallu six années au PIB pour renouer avec les niveaux de 2008. Ce sont donc bien ces politiques d’austérité a un niveau inégalé depuis l’après-guerre qui sont en cause avec presque 5 points de PIB perdus, en cumul de 2010 à 2013.

Capitalisme et coût du travail

Il s’agit d’une volonté délibérément politique, de la part de nos gouvernants actuels, dans la même idéologie sans faille de celle conduite depuis des décennies d’asseoir définitivement le système capitaliste comme la seule issue possible en Europe comme dans le monde au service essentiellement d’une minorité de décideurs les plus riches.

Elle se traduit en France par cette escroquerie idéologique du patronat autour du « coût du travail » relayée par nos gouvernants par le seul slogan « compétitivité des entreprises » qui fait de Hollande le président des entreprises qui renie sans état d’âme les citoyens qui l’ont élu sur des promesses tout autre du candidat.

Cette situation n’est pas sans nourrir, parmi la population, un rejet du politique et principalement parmi celles et ceux dont les besoins sont les plus urgents et qui ne voient rien venir si ce n’est des mesures qui les enfoncent de jour en jour un peu plus dans la misère.

Faut-il s’étonner que ces populations se tournent aujourd’hui vers le populisme d’extrême droite promotionné et légitimé depuis les années 81 par la sociale démocratie en France comme en Europe ?

Destruction de la protection sociale

Systématiquement, ce sont les budgets sociaux qui subissent des coupes incessantes et contribuent petit à petit à l’éclatement de nos services publics à la française qui nous sont pourtant tant enviés de par le monde.

Notre sécurité sociale et ces principes fondateurs sont menacés par la remise en cause systématique du salaire socialisé, de la cotisation sociale garante de la solidarité nationale.

Alors que le rôle amortisseur de notre système de protection sociale fait encore ses preuves dans cette période au regard des autres pays Européens frappés par l’austérité capitaliste, alors qu’il devrait être renforcé comme un rempart indispensable à notre société et même développé en exemple au-delà de nos frontières, il est au contraire directement attaqué par des choix politiques au service exclusif du capital.

La pauvreté augmente

Ces politiques induisent déjà des conséquences sans précédent sur la vie et le quotidien des salariés, privés d’emploi et retraités de notre pays. Cela se traduit par une dégradation sociale sans précédent qui touche en premier lieu les plus fragiles et les plus démunis.

Nombreuses sont les associations qui alertent sur l’accès aux soins, nombreuses sont celles aussi qui réclament plus de moyens pour distribuer de la nourriture, des vêtements, un logement aux familles frappées par la misère.

Ces associations caritatives sont le « bébé » de la sociale démocratie pour pallier au désengagement de l’Etat et du patronat de leur rôle social et assurer un service vital a minima pour maintenir un semblant de paix sociale.

Mais au train où vont les mesures antisociales, tout vole en éclat tant sur le plan national que territorial.

En Loir et Cher, les 11 milliards d’économie prévus nationalement sur les collectivités territoriales de sont déjà traduites dans les faits puisque l’assemblée départementale du Conseil général a décidé d’amputer les budgets de fonctionnement de plus de 7 millions d’euros et d’investissement de plus de 5 millions.

La fonction publique territoriale se trouve aux prises de restructurations et de démantèlements de service qui vont avoir des impacts directs sur la vie des populations et les réponses immédiates à leur besoins en fonction de leur situation sociale ou géographique.

Ces choix sont inacceptables et scandaleux car ils contribuent avec la politique scélérate d’austérité nationale à creuser les inégalités, et à accentuer l’exclusion et la misère.

Mais rien n’est inéluctable, le mécontentement des salariés, privés d’emploi, retraités et de l’ensemble de la population, doit se faire entendre dans toutes les initiatives de la CGT pour exiger que des moyens humains et financiers soient attribues à la hauteur de la réponse aux besoins des populations.

 

Pacte de responsabilité et austérité

Totalement enlisé dans la bouillie libérale dictée par les grands groupes industriels et financiers qui dirigent l’Union Européenne, le président Hollande persiste et signe avec la nomination de Valls à la tête du gouvernement. À peine nommé, ce dernier s’empresse d’annoncer une cure d’austérité inédite dans le cadre d’un pacte dit « de stabilité » reposant sur un plan d’économies de 50 milliards d’euros dans le prolongement du pacte honteusement qualifié de « responsabilité » offert en cadeau au patronat et aux plus riches en début d’année par le président de la république.

Ce plan d’austérité est le plus violent dispositif de réduction des dépenses sociales et de baisse de revenus des salariés que la France ait connu depuis l’après guerre.

Quelles économies ?

Ces économies sont augurées essentiellement sur la sécurité sociale, les dépenses de santé, les services publics et de l’Etat.

18 milliards d’économies à réaliser par l’Etat essentiellement par la baisse des dépenses de fonctionnement dont la poursuite du gel du point d’indice pour les fonctionnaires bloqué depuis 2010. Après la journée de grève du 15 mai dans la fonction publique, la réponse du gouvernement porte sur une réduction des cotisations sociales. Il s’agit de la même imposture que la question des 40 € d’augmentation pour les salariés du privé qui sont également pris sur la part des cotisations sociales. C’est la poursuite déguisée de la casse de la sécurité sociale, de son asphyxie volontaire en fermant toujours plus le robinet des cotisations. C’est dans la réalité une fausse augmentation de salaire dans la mesure où cette stratégie pousse l’ensemble des salariés, privés d’emploi et retraités, à l’assuranciel privé qui au final leur coûtera plus cher que cette prétendue augmentation.

11 milliards d’euros d’économies à réaliser par les collectivités territoriales en organisant des fusions d’entités visant à réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux. Cette mesure se révèle annonciatrice de la grande réforme territoriale aujourd’hui dans l’actualité. Pour moins de services de proximité, d’entretien des infrastructures, routes etc. Avec toujours dans les tuyaux la privatisation des routes nationales.

En clair, taxer encore plus les populations tout en générant des zones de pauvreté.

10 milliards de baisse des dépenses de santé qui font peser de graves menaces en termes d’accès aux soins. Cette mesure, d’une ampleur inédite, intervient en lien avec toutes les restructurations et les dispositifs successifs qui fragilisent tous les établissements publics de santé pour pousser vers la santé privée lucrative dépouillée de déontologie, porteuse de tous les abus et inégalités d’accès.

11 milliards sur l’ensemble des branches de la Sécurité sociale avec le gel des prestations familiales, des allocations logement jusqu’au 1er octobre 2015, du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), de l’allocation adulte handicapé, des pensions de retraite, mais aussi une coupe démentielle de 1,2 milliards dans les frais de fonctionnement des organismes de Sécurité sociale, soit 10 % du fonds national de gestion administrative. Ce sont près de 15 000 postes qui sont menacés dans les organismes de Sécurité sociale.

Des cadeaux financiers au patronat

A qui vont profiter ces 50 milliards d’économies sur les dépenses publiques et ce cadeau de 30 milliards d’euros d’exonérations sociales pour les entreprises argumentés depuis trente ans sur le même mensonge, entretenu par les gouvernements successifs, sur l’emploi ?

Quel bilan aujourd’hui avec un nombre de chômeurs qui atteint 5,2 millions et avec presque dix millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ?

D’ailleurs est-il étonnant, que ces derniers jours, certaines organisations syndicales s’étant déclarées favorables a ce pacte, s’interrogent aujourd’hui tant sur l’efficacité politique du dispositif que sur l’attitude du patronat qui, comme on pouvait s’y attendre, bloque sur les contreparties en emploi ?

L’objectif du patronat demeure le même, capter par tous les moyens l’argent public, sous forme d’exonérations ou d’aides directes pour en réalité alimenter les dividendes des actionnaires et les fortunes personnelles.

La fortune des 500 personnes les plus riches de notre pays à augmenté de près de 25 % pour atteindre 330 milliards soit presque 7 fois le pacte de responsabilité de Hollande.

Ces fortunes ont quadruplé en 5 ans. Ce sont 10 % des richesses créées par le travail qui sont chaque année détournés à hauteur de 200 milliards qui sont passés des salaires vers les profits pour satisfaire les intérêts de quelques uns.

Plus que l’austérité, c’est la répartition des richesses créées par le travail qui sera l’unique réponse !

 

Non au pacte de responsabilité

Tract d’appel à manifester le 26 juin 2014 contre le pacte de responsabilité

Tract action du 26 juin 2014

Il y en a assez du recul social, de l’austérité, des bas salaires, du chômage,
de la liquidation de la Sécurité sociale, des services publics…

Portons l’exigence d’une autre logique !
Une logique qui porte les exigences d’augmentation des salaires, de renforce-ment de la Sécurité sociale à partir de la socialisation de la part nécessaire des richesses créées, de développement des services publics sous monopole public, de maintien, de développement et de relocalisation de production industrielle, de nationalisation des grands moyens de production et d’échange…. Autant de choix et orientations qui conditionnent consommation et relance économique.

Le nouveau pacte du gouvernement

La CGT du Loir et Cher l’avait annoncé depuis longtemps. S’appuyant sur une abstention majoritaire, le Front National est arrivé en tête des élections européennes, permettant à ses dirigeants de pavoiser et de se prétendre « 1er parti politique du pays ». Non ce n’est pas une surprise ! Et non la France n’est pas devenue fasciste en un week-end. Ce vote ne retranscrit que l’exaspération, le rejet et la désespérance face à une Union Européenne libérale et à un gouvernement qui renie tous ses engagements, abandonne la très grande majorité de la population pour mener une politique au service du MEDEF et du capital. Salariés, retraités, privés d’emploi, jeunes trinquent, pendant que le patronat se réjouit des différentes annonces faites par le duo Hollande-Valls !

Ainsi s’enchaînent les réformes qui mettent à bas le système de protection sociale français, les services publics et la démocratie. Le fameux « pacte de responsabilité », que l’UD CGT dénonce haut et fort, en est un exemple flagrant. Baisse du salaire socialisé par l’exonération des cotisations sociales, qui sont pourtant la base du financement de la sécurité sociale à la française, cadeaux aux entreprises, économie d’ampleur dans le budget de l’Etat qui induira moins de services publics… rien n’est laissé au hasard pour satisfaire à l’appétit vorace du capital, cela permet au MEDEF d’aller toujours plus loin dans la surenchère. Ainsi Gattaz ne se prive pas de demander un SMIC « transitoire » au rabais pour les jeunes quand lui a vu sa rémunération augmentée de 30 % ! Et de proposer, à l’oreille complaisante du gouvernement puisque Rebsamen (Ministre du travail), reprend l’idée à son compte, le gel des seuils sociaux des entreprises, seuils déterminant l’existence des Instances Représentatives du Personnel, au prétexte que cela entraverait les embauches. Après la loi compétitivité emploi, la remise en cause des élections prud’homales, ce serait une nouvelle attaque contre le monde du travail. Pour la CGT, NON les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme ne sont pas un frein au développement de l’entreprise !

Quant à la réforme territoriale de fusion des régions, faite sur un coin de table à la va-vite, elle n’a que des visées politico-libérales pour satisfaire aux exigences de l’Union Européenne. Pour la population, elle n’aura pour conséquences que de l’éloigner des lieux de décisions, de favoriser les réformes voulues par l’Europe au nom de la compétitivité et de la libre-concurrence, de créer des déserts industriels au profit de grandes métropoles et de détruire toujours plus les services publics de proximité.